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Interpellation de Mme Anne-Catherine Menétrey
Conseil national, 23 mars 2001
Financement des institutions de traitement pour personnes dépendantes
Etant donné les difficultés de financement que connaissent
les institutions de traitement des addictions depuis le retrait partiel
de l'AI, étant donné aussi le retard pris dans l'élaboration
d'un nouveau modèle de financement, nous demandons au Conseil fédéral
de bien vouloir répondre aux questions suivantes.
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Les institutions de traitement pour personnes dépendantes
ne pouvant plus être financées dans la même mesure
qu'auparavant par des fonds provenant de l'assurance invalidité,
elles connaissent d'importantes difficultés financières.
Le nouveau modèle de financement en cours d'élaboration
laisse clairement apparaître que de nouvelles sources de financement
devront être trouvées. Mais aucune précision n'a
été donnée jusqu'ici sur ces sources. Quelles
sont-elles ? Quelle sera la part des cantons, des communes, des
services sociaux, des assurances maladies ?
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L'évolution en cours laisse penser que la responsabilité
des institutions et de leur financement sera transférée
aux cantons. Déjà actuellement, ils doivent passer à
la caisse pour éviter que des institutions doivent ferme, alors
même que la péréquation financière entre
cantons et confédération n'est pas encore réglée.
Certains cantons demandent un moratoire en attendant la nouvelle loi.
Le Conseil fédéral est-il d'accord de le leur accorder ?
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L'élaboration et la mise en application de ce nouveau modèle
prend un retard important. Dans cette attente, l'OFAS a proposé
un arrangement fondé sur les subventions accordées en
1997 et 1998. Or ces montants ne sont pas encore définitivement
arrêtés pour certaines de ces institutions. De plus,
ils sont généralement très en retrait par rapport
à la situation antérieure. Les représentants
des institutions romandes refusent cet arrangement, trop défavorable
à leurs yeux. Ils demandent un régime transitoire de
subventionnement par l'AI à un taux unique de 90% . Le Conseil
fédéral est-il disposé à donner suite
à cette demande ?
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Renonçant à vérifier le degré d'invalidité
des patients dans les institutions par le biais de certificats médicaux,
l'OFAS demande que cette vérification soit faite désormais
par les Offices cantonaux AI. Or leur rôle n'a rien à
voir avec le subventionnement collectif des institutions, puisqu'ils
examinent les demandes individuelles des personnes concernées.
De plus, les délais de traitement sont particulièrement
longs. Le Conseil fédéral peut-il inviter l'OFAS à
renoncer à ce système, par ailleurs douteux quant à
sa base légale ?
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Le nouveau modèle de financement a pour objectif l'égalité
de traitement entre institutions proposant des traitements pour personnes
alcooliques ou pour toxicomanes, à l'intérieur comme
à l'extérieur des cantons. Cette égalité
de traitement peut-elle s'entendre aussi pour des personnes souffrant
d'autres dépendances : troubles alimentaires, jeu pathologique,
cyberdépendance, tabagisme ? Cette égalité
de traitement concerne-t-elle également toutes les offres d'aide
: sevrage, aide à la survie, traitements de substitution, formation
et réinsertion professionnelle etc. ?
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Le nouveau mode de financement des institutions résidentielles
et ambulatoires ne risque-t-il pas de contribuer à la médicalisation
des prises en charges, dans la mesure où les prestations médicales
sont prises en charge par l'assurance maladie ? Par ailleurs,
avec l'établissement de standards de prestation, ne risque-t-on
pas de perdre la diversité des offres thérapeutiques,
pourtant si nécessaires dans le monde des dépendances ?
Interpellation soutenue par une quinzaine de signataires.
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