Référendum contre la prescription
médicale d'héroïne
Ruth Dreifuss ouvre la campagne pour le scrutin
Département fédéral de l'intérieur
Communiqué de presse - Berne, le 16 avril 1999
La présidente de la Confédération Ruth Dreifuss a ouvert vendredi la campagne en vue de la votation du 13 juin prochain au sujet de l'arrêté fédéral urgent pour la prescription médicale d'héroïne, soumis au référendum. Cette prescription médicale d'héroïne, partie intégrante de la politique fédérale en matière de drogue, plébiscitée par le peuple et les cantons, a également fait l'objet d'un rapport d'experts mandatés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié simultanément. L'arrêté fédéral urgent, approuvé le 9 octobre dernier par le Conseil national et le Conseil des Etats, fixe les modalités de l'assistance aux plus marginaux des toxicomanes, à savoir ceux qui ont échoué dans toutes les autres formes de thérapie.
La politique fédérale de la drogue, qui repose sur les quatre piliers que sont la prévention, l'aide à la survie, la thérapie et la répression, a été plébiscitée dans son ensemble à deux reprises ces dernières années ("Jeunesse sans drogue" 28 septembre 1997 et "Droleg" 29 novembre 1998). La prescription médicale d'héroïne s'inscrit dans le cadre de cette politique. Ce traitement a été introduit en 1994 dans une phase pilote accompagnée d'une évaluation scientifique. Si le référendum devait être accepté, les quelque 860 personnes intégrées dans les divers programmes de prescription médicale d'héroïne verraient leur traitement interrompu.
Le dénuement dans lequel tombaient certains toxicomanes, la propagation du VIH et celle des hépatites dans la population toxicomane ainsi que l'échec des thérapies classiques chez les personnes gravement dépendantes ont amené la Confédération à introduire ces essais scientifiques de prescription médicale d'héroïne. Très tôt on s'est aperçu que cette nouvelle forme de traitement permettait d'aider les personnes gravement dépendantes qu'il était difficile d'atteindre autrement. La santé et l'intégration sociale de ces personnes se sont sensiblement améliorées. Le risque d'infection par le VIH a pu être considérablement réduit.
Grâce à des mesures diverses, dont le traitement avec prescription d'héroïne, les scènes ouvertes de la drogue ont pu être fermées au printemps 1995 et aucune nouvelle ne s'est formée. Un recul important de la délinquance a été observé chez les participants aux programmes de prescription d'héroïne, ce qui a contribué à améliorer la sécurité publique dans les régions concernées.
Le Département fédéral de l'intérieur a pris acte du rapport d'experts de l'OMS sur les essais de prescription médicale d'héroïne. Ce rapport vient à point pour l'OFSP, car il met en relief les essais effectués en Suisse et donnera sans doute des impulsions importantes et positives à la recherche dans le domaine du traitement des dépendances. Notons enfin que dans plusieurs pays, dont l'Allemagne, l'Espagne, le Danemark, l'Australie et le Canada, on envisage, à l'instar de la Suisse, des essais scientifiques de traitement à l'héroïne. Au Pays-Bas une expérience similaire a déjà débutée.
Département fédéral de l'intérieur
Service de presse
Renseignements
Jean Louis Zurcher, Office fédéral de la santé publique (OFSP) Berne tél. 031 324 12 95