| Consultation OFSP sur le nouveau modèle de financement |
| Remarques liminaires Pour la procédure de consultation, seul un document a paru en français. Pour bien comprendre la portée du nouveau modèle, il faut absolument comprendre les documents annexés, en particulier les rapports des groupes " Finanzierungsmodelle 2000 " et " Leistungserfassung ". Cela ne nous paraît pas correct. Lélaboration de notre prise de position en a été rendue plus ardue et peut-être également moins perspicace. Par ailleurs, nous regrettons certains aspects de la traduction. Nous trouvons notamment regrettable lusage du terme: " mesures substitutives " pour définir des prestations fournies par des institutions fréquemment orientées vers labstinence. Lénoncé " mesures résidentielles " ou " mesures daccompagnement résidentiel " nous paraîtrait mieux adapté. Une erreur sest également glissée dans la consultation en français. A la question 2, 2ème point, la version allemande parle sauf erreur de la modification du Règlement dapplication de la LAI, alors que la version française parle de la modification de la Convention Intercantonale. Réponses aux questions1. Etes-vous daccord avec la mise en place dun système de financement unifié sur le plan national tel quil est présenté dans le présent document? La CRIAD est convaincue de la nécessité dun modèle de financement unifié, qui obtienne laccord de tous les partenaires intéressés (notamment Confédération, Cantons, Assurance-Invalidité et Assurance-Maladie). Nous sommes reconnaissants que cette discussion ait enfin lieu et que nous puissions nous acheminer vers un modèle cohérent. Nous sommes convaincus que ce modèle doit également impliquer toutes les institutions accueillant des personnes alcooliques et quil doit couvrir toutes les prestations, du sevrage à la réinsertion. La question a été également posée parmi nos membres si ce modèle devait sappliquer pour toute dépendance (" Suchttherapie "), donc également dépendance au tabac, aux médicaments, au jeu pathologique ou encore aux troubles de lalimentation. Rétribution des prestations fournies en lieu et place dune garantie de déficit? Nous pensons que cette option, à la mode actuellement, permet de favoriser une certaine transparence dans loffre thérapeutique. Elle a également lavantage de clarifier les mandats attribués à chaque intervenant. Nous attendons néanmoins de connaître la définition précise des champs dintervention, avant de donner notre accord définitif, sachant que de la qualité et de la précision de ces champs dépendra ladéquation du financement des prestations. La consultation ne nous donne aucune indication quant au financement des séjours interrompus prématurément. Dans un secteur comme celui du traitement de la toxicodépendance, avec un taux de départ volontaire ou de renvoi est considérablement élevé, cette question doit être clarifiée avant ladoption du nouveau modèle, avec tous les partenaires concernés. Définition unifiée de champs dintervention La définition unifiée des champs dintervention nous paraît beaucoup plus aléatoire, voire limitative. Plutôt que de favoriser le changement et linnovation, elle risque de contraindre les institutions dentrer dans un cadre bien défini. Le nombre de 12 champs dintervention est trop limité pour permettre la prise en compte de la diversité de loffre actuelle du secteur résidentiel de traitement de la toxico-dépendance (notamment des différences existantes entre le secteur alcool et le secteur drogues illégales). La consultation ne précise pas si ces champs sont réservés aux institutions orientées vers labstinence ou si les programmes résidentiels de maintien par la substitution sont également intégrés. Nous ne savons également pas encore si les institutions offrant des places pour le sevrage seront également englobées dans les champs dintervention. Nous devons obtenir des garanties quant à ladéquation des champs dintervention aux prestations fournies par les institutions. Nous craignons une uniformisation des prestations et une réduction de la variété des accompagnements résidentiels. Le modèle devra également prendre en compte le travail en réseau développé par les institutions (prestations différentes et coût différent si une institution emploie un médecin ou si elle collabore avec divers médecins de la place). Par ailleurs, nous souhaitons que tout le travail de motivation, fréquemment nécessaire (en particulier pour les personnes placées selon les articles CPS 44 et CCS 397) soit pris en compte dans la définition des champs dintervention. Par ailleurs, un champ dintervention au moins doit prendre en compte la réalité de certaines institutions pour alcooliques accueillant des clients pour plusieurs années (parfois institution à vie). Egalité de traitement entre les patients qui souffrent dalcoolisme et ceux qui souffrent de toxicomanie, quil sagisse de placements à lintérieur du canton ou en dehors, de traitements volontaires ou résultant dune décision de justice.
Financement prospectif plutôt que rétroactif Il va de soi que nous sommes favorables à cette modification du financement, qui nest pas totalement nouvelle, puisque plusieurs institutions sont déjà financées actuellement par lAssurance-Invalidité sur ce mode prospectif 2. Etes-vous daccord que les travaux suivants soient entrepris en vue de la finalisation et de la mise en oeuvre du modèle proposé? Dans létat actuel, nous sommes favorables à une poursuite de létude. Nous sommes néanmoins convaincus quune seconde consultation est impérative. Cette consultation devrait intervenir lorsque les champs dintervention auront été définis et que leur tarification aura été déterminée. Un délai transitoire beaucoup plus important doit être envisagé, afin de permettre cette seconde consultation et une mise en place harmonieuse du nouveau modèle de financement. La contrainte du temps ne nous paraît pas adéquate pour permettre un réel débat et une véritable action concertée. Elle ne nous laisse également pas suffisamment de temps pour nous permettre délaborer des propositions constructives. Une introduction progressive, étendue sur plusieurs années, nous paraît indispensable. La décision définitive dappliquer ce modèle risque dêtre prise, avant que la phase pilote ne soit terminée. Par ailleurs, ce délai ne laisse aucune possibilité dadaptation des institutions au nouveau modèle. Si chaque institution doit revoir son concept, élaborer un système de qualité et revoir tout son plan comptable, il sagit de prévoir une période transitoire suffisamment longue. Le financement transitoire doit être garanti, afin dassurer une sécurité suffisante aux institutions durant toute la phase. Elaboration dun système de tarification des différents champs dintervention Nous ne pensons pas quune seule tarification soit possible par champ dintervention. De nombreux critères complémentaires doivent être pris en compte. Nous ne savons pas comment seront traitées les institutions (le montant forfaitaire tiendra-t-il compte du statut du personnel (fonctionnaires, employés) et prestations particulières, (bâtiments modernes au centre dune grande ville ou ferme retapée à la campagne). Le forfait devra également tenir compte si une institution remplit de manière adéquate un champ dintervention, le remplit de manière partielle ou si elle fournit des prestations supplémentaires. Si cette règle nest pas remplie, il y aura un frein réel à linnovation et un risque de diminution des prestations et de la qualité. Tout doit être entrepris, afin déviter un morcellement des prestations et une tarification se rapprochant à lacte que nous connaissons dans le milieu médical. Un accompagnement socio-thérapeutique de qualité ne peut pas se poursuivre, si les prestations sont ainsi définies Modification du règlement dapplication de la LAI Il est prématuré de renoncer aux prestations collectives de lAssurance-Invalidité dans létat actuel des connaissances. Nous refusons catégoriquement que la compétence de déterminer les mesures de réadaptation dans nos institutions soit conférée aux Offices cantonaux AI, à moins que leur pratique soit fondamentalement modifiée et que les décisions soient prises dans des délais très brefs. Sans vouloir être particulièrement critique à légard de la pratique de ces offices, nous devons malheureusement relever que le temps nécessaire pour obtenir une décision est beaucoup trop long. La pratique nous montre quun délai de 8 mois est considéré comme rapide et quil faut malheureusement souvent attendre 12 à 18 mois pour obtenir une décision. Par ailleurs, nous savons que les Offices ne statuent pas sur des situations, si la mesure est déjà interrompue. Dans un secteur tel que celui de la toxico-dépendance, avec un taux dinterruption de thérapie excessivement élevé, avec également un nombre important de courts séjours, cette pratique est inacceptable. Nous pouvons nous imaginer quaucune décision des Offices AI ne sera prise pour la plupart des séjours. Il y a un risque important que les cantons doivent assumer le complément et que leur part au financement ne sera connue quaprès la fin du séjour. Par ailleurs, cette situation risque de provoquer un retrait clair de lAssurance-Invalidité du financement des traitements, ce qui nétait pas envisagé. Nous craignons enfin que lélaboration de demandes individuelles à lAssurance-Invalidité provoque une augmentation substantielle de rentiers AI toxico-dépendants. En effet, plusieurs Offices AI, peu convaincus de la possibilité dune réinsertion pour les personnes dépendantes, ont une pratique restrictive dans lattribution de mesures de réadaptation, préférant octroyer directement une rente. Il y a de ce fait un risque certain dinvalidation supplémentaire. Nous pouvons également craindre lapparition de pratiques différentes selon les cantons ou les régions en fonction de sensibilités différentes au sein des Offices AI. Développement de standards de qualité et de mesures de promotion de la qualité à lintention des institutions de traitement des dépendances Nous sommes convaincus de la nécessité dintroduction de standards de qualité et de mesures de promotion de la qualité. De nombreuses institutions ont déjà entamé de telles démarches, indépendamment de la question du financement. Le développement de standards nous parait impératif, afin de permettre une égalité de traitement entre les institutions. Un délai de 2003 pour lapplication nous paraît nécessaire pour tenir compte du temps nécessaire pour mettre en place ces systèmes de qualité. Nous rappellerons que le système développé par lOFSP lui-même et qui devrait être loutil principal utilisé dans le secteur de la toxico-dépendance, nen est quà sa phase conceptuelle, quil na pas encore été reconnu par lOFAS et que nous ne savons pas encore à ce jour quand les institutions pourront entrer dans une phase dapplication. 3. Etes-vous daccord que les aspects de mise en oeuvre du nouveau modèle soient réglés par la révision de la Convention intercantonale? Oui, mais nous rappelons clairement lexigence que tous les cantons y participent et la nécessité dun aspect contraignant à la Convention. Si ces deux conditions ne sont pas remplies, le modèle de financement napporte aucun avantage. 4. Etes-vous davis quune partie au moins de largent confisqué provenant du trafic de drogues soit versée dans un fonds national et utilisé pour contribuer au financement de la prévention et du traitement Nous pensons quun fonds à cet effet devrait être créer. Il pourrait également subvenir à certains besoins non couverts ou plus couverts par la dîme de lalcool en raison de la diminution des bénéfices de la Régie fédérale des Alcools. Nous tenons néanmoins à rappeler que le financement du traitement de la dépendance ne devrait pas dépendre de largent confisqué, mais bien des assurances sociales. Ce fonds pourrait par contre être utilisé au financement de prestations particulières non comprises dans les divers champs dintervention, au démarrage de prestations nouvelles pendant un temps dessai et à une aide financière à des institutions connaissant des difficultés passagères de financement (faible taux doccupation et réserves financières insuffisantes). 5. Etes-vous davis que dautres sources de financement doivent être trouvées? Oui. Nous vivons actuellement une situation paradoxale. Alors quil est fréquemment fait mention dune offre excédentaire, la seule aide possible de lOFSP est une aide au démarrage de nouveaux projets. Les moyens financiers de lOFSP devraient être étendus, afin de permettre daider des institutions vivant des difficultés momentanées (par exemple taux doccupation trop bas une année). Par ailleurs, nos membres ont exprimés divers avis quant aux possibilités dalimenter ce fonds par une imposition du vin, imposition de la vente de haschich si elle est légalisée ou encore par limputation dans ce fonds des montants damendes infligées en raison divresse au volant. Remarques particulièresBoudry, le 15 septembre 1999/bn |
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| Dossier de presse de la journée d'action du 8 juin 1999 | ||
| Présentation de la CRIAD | Point de
la situation en Suisse romande |
Point
de vue de Jean-Daniel Barman, LVT |
| Exemple de
situation: ARGOS Genève |
Justice
pénale Jean Pascal Rodieux |
Importance des thérapies résidentielles (étude ISF) |
16.9.99