| Journée d'action CRIAD/SDSS 8 juin 1999 |
| Importance des thérapies résidentielles de
longue durée pour l'évolution de la dépendance et de l'intégration sociale des
toxicomanes Traduction française des conclusions et recommandations
Conclusions Les résultats de cette étude permettent de conclure qu'une thérapie résidentielle de longue durée - contrairement à diverses opinions critiques - conduit à des résultats notables sur plusieurs aspects de la réhabilitation des toxicomanes et à ce titre reste particulièrement importante. Certes, les résultats relatifs à l'abstinence de consommation d'héroïne et de cocane durant la période suivant le traitement sont quelque peu moins bons que ceux de l'étude nationale de suivi à long terme réalisée en 1985 (Uchtenhagen et Zimmer-Höfler). Mais avec un tiers d'abstinence durable ces résultats peuvent encore être considérés comme bons, lorsqu'on compare avec la situation dégradée des patients avant leur entrée en thérapie. Plus impressionnant est le fait avéré que la proportion des personnes 'non-réhabilitées'- selon le score multiple calculé dans l'étude - diminue de 2/3 à 1/4 en fonction de la durée des traitements. Pour la majorité des personnes traitées, un processus de réinsertion a été mis en route. Cette constatation est associer au fait que des changements positifs importants sont également possibles sans une abstinence complète de consommation de drogue, et que le jugement porté sur le résultat d'une thérapie ne doit pas être mesuré exclusivement en fonction de l'arrêt ou de la poursuite de la consommation de drogue. Le processus de réadaptation ne se déroule d'ailleurs pas dans tous les domaines de vie au même rythme ni de manière homogène. Une autre constatation se rapporte aux facteurs prédicteurs d'un succès des traitements. Les caractéristiques personnelles (comme l'évolution de la dépendance, les expériences antérieures de traitements, ou les ressources familiales) jouent ici un rôle moindre que les caractéristiques du traitement lui-même, en particulier la durée du traitement et la façon dont le traitement est achevé ou interrompu. Les perspectives d'insertion existant au moment de la fin d'un traitement jouent elles aussi un rôle déterminant. De l'histoire personnelle des patients, le seul caractère ayant une relation (négative) déterminante avec le résultat ultérieur est l'existence d'une délinquance préalable à l'entrée dans la toxicomanie. Recommandations Il faut tout d'abord convenir que, compte tenu des résultats démontrés, les thérapies résidentielles de type réhabilitation sociale, orientées vers l'abstinence, gardent toute leur importance dans la palette des possibilités de traitement des toxicomanes, et doivent être à disposition en nombre suffisant, avec un bon niveau de qualité, et être diverses. L'augmentation du nombre des traitements de substitution en Suisse ne rend en aucun cas superflues les thérapies résidentielles ; bien au contraire, avec l'augmentation du nombre des personnes en traitement de substitution croît aussi le besoin d'une assistance résidentielle visant à sortir de la dépendance. Des mesures de promotion et assurance de la qualité ainsi que des mesures garantissant le financement de ces thérapies à l'avenir sont absolument indispensables. Il importe que les programmes de thérapie résidentielle s'efforcent à l'avenir de rendre plus transparent les composantes du processus de traitement, afin de permettre de vérifier lesquelles de ces composantes ont un effet sur les diverses dimensions du résultat des traitements (effet sur la dépendance vis-à-vis des drogues, sur l'intégration professionnelle et sociale, sur la délinquance). Les pas déjà réalisés dans ce sens par le système d'information "infoset direct" et par la mise en place de la Centrale de coordination nationale en matière de thérapie résidentielle COSTE doivent être encore complétés par des analyses approfondies de l'information disponible et par la mise en uvre des conclusions des analyses réalisées. Cela constituera un avantage pour la pratique de ces traitements. La troisième recommandation concerne la définition appropriée des indications en vue d'une thérapie résidentielle. Il importe moins de sélectionner l'institution adéquate en fonction du passé des patients que de savoir choisir une thérapie répondant de manière appropriée aux besoins actuels du patient, au moment où il est prêt à entrer en thérapie. Ces besoins doivent être pris en compte par les institutions qui offrent des traitements. Il faut veiller à prendre mieux en considération les cas des toxicomanes qui ont déjà une carrière de délinquance avant d'être entrés dans la drogue, car ces patients nécessitent une prise en charge plus intensive, à l'image des nouveaux types de mesures de justice. Quatrièmement, il importe de procéder toujours plus à une individualisation des plans de thérapie. A titre de gestion de la qualité, une individualisation des plans de traitement, adaptés aux besoins spécifiques des patients, doit être recommandée. Elle implique un bilan personnel approfondi au moment de l'entrée en thérapie et, par la suite, l'établissement d'un programme d'objectifs de traitements ainsi que la mise en uvre de moyens thérapeutiques adéquats. De tels plans de traitement et l'évolution individuelle des patients doivent pouvoir être périodiquement contrôlés sous l'angle du degré d'atteinte des objectifs fixés. La cinquième recommandation tirée de l'étude concerne la mise en uvre de routine d'une évaluation des programmes de thérapie, tenant compte des changements constants de la situation des toxicomanes et de l'évolution de leurs besoins, des chances variables de réinsertion sur le marché du travail, et de l'évolution de l'ensemble des possibilités thérapeutiques. Au surplus, une évaluation comparative des diverses formes de traitements ambulatoires ou résidentiels devrait contribuer à éviter que - se basant sur des conclusions hâtives ou basées trop exclusivement sur les coûts d'investissement ou de fonctionnement des institutions de thérapie - des décisions inadéquates soient prises sans égard aux besoins individuels de traitement ni à la durée nécessaire des traitements, ni encore aux résultats de ces traitements ; on pourrait courir le risque d'un démantèlement de l'offre thérapeutique, contraire aux impératifs de la santé publique. Enfin, il faut recommander d'intensifier le travail d'information et de communication s'agissant de l'importance et des résultats positifs obtenus par les thérapies résidentielles des toxicomanes ; cette information doit s'adresser aux milieux professionnels concernés et au public en général, rendre compte objectivement des résultats de ces thérapies, et contrebalancer une perception par trop superficielle ou unilatérale qui ne s'attache qu'aux comptes rendus spectaculaires de nouvelles formes de traitements. Traduction Ph. Lehmann 10.3.99 |
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| Dossier de presse de la journée d'action du 8 juin 1999 | ||
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la situation en Suisse romande |
Point
de vue de Jean-Daniel Barman, LVT |
| Exemple de
situation: ARGOS Genève |
Justice
pénale Jean Pascal Rodieux |
Importance des thérapies résidentielles (étude ISF) |
13.6.99