| Journée d'action CRIAD/SDSS 8 juin 1999 |
| Utilité des centres de traitement
résidentiel du point de vue de la justice pénale Jean Pascal RODIEUX "Il est entendu que le personnage qu'on est n'a, en soi-même, aucune importance,
mais il faut bien, avant de comprendre, se comprendre, et peut-être, pour se comprendre,
convient-il de se résumer". Ces fonctions successives m'ont convaincu de la nécessité de disposer de centres résidentiels pour le traitement des dépendances, non seulement pour le bien des personnes concernées et de leur entourage, mais aussi pour celui de la Justice et de la société. Le code pénal a le mérite de permettre de combiner sanction pénale et mesure
thérapeutique. Dans le cas de la toxicomanie, un traitement peut être prescrit soit
comme condition au sursis, soit dans le cadre d'une suspension de la peine (ferme) au
profit d'une prise en charge ambulatoire ou résidentielle. Dès le milieu des années 70, les autorités judiciaires vaudoises ont pu compter sur
ce type de structure et faire une application fréquente des placements pénaux en centres
résidentiels visant l'abstinence. Au fil des années, ce sont des centaines de
condamnés, souvent jeunes, qui ont bénéficié de ces cures. Ceux qui les ont réussies
ont été sortis de la délinquance, se sont réinsérés dans une vie familiale et
professionnelle (quel bienfait aussi pour la société !) et le tribunal a pu prononcer la
remise des peines qui leur avaient été infligées. Quant à ceux qui ne sont pas
parvenus au terme de leur traitement, ils ont été nombreux à me dire qu'ils avaient
quand même "progressé" et tiré quelque profit de cette mesure. C'est donc une vision pragmatique et non pas doctrinaire de la toxico-dépendance qui me fait conclure à la nécessité de conserver un secteur résidentiel qui a fait ses preuves et de lui donner les moyens financiers indispensables. Ce serait un recul évident que de restreindre le choix des tribunaux à la peine privative de liberté ou au traitement ambulatoire. Comme une cure ambulatoire apparaîtrait souvent insuffisante au regard de la situation personnelle de l'accusé et de la gravité des infractions commises, l'absence d'une solution résidentielle solide conduirait au simple prononcé d'une peine, sans mesure thérapeutique. Enfin, si l'on veut réellement le bien des toxico-dépendants et la protection de la société, il faut continuer de leur permettre des traitements visant l'abstinence et la réinsertion. Lausanne, mai 1999. |
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| Dossier de presse de la journée d'action du 8 juin 1999 | ||
| Présentation de la CRIAD | Point de
la situation en Suisse romande |
Point
de vue de Jean-Daniel Barman, LVT |
| Exemple de
situation: ARGOS Genève |
Justice
pénale Jean Pascal Rodieux |
Importance des thérapies résidentielles (étude ISF) |
13.6.99