| Journée d'action CRIAD/SDSS 8 juin 1999 |
| Le point de la situation en Suisse romande et en suisse italienne
Les institutions romandes et tessinoises sont actuellement touchées de plein fouet par les diverses décisions de l'Office fédéral des assurances sociales. Cet office a soutenu de manière régulière et conséquente le traitement résidentiel des personnes alcooliques et toxicomanes dès les années septante. A linstigation de lOFAS, le travail des institutions romandes sest toujours plus porté vers la réadaptation et la réinsertion professionnelle et sociale des personnes alcooliques et toxicomanes, dans le sens du mandat octroyé par lAssurance-Invalidité. Son action sest également développée de manière considérable dans laide et laccompagnement ambulatoire. Ce soutien financier de la Confédération a permis de développer le réseau daccompagnement des personnes toxicodépendantes, qualitativement et quantitativement. De nombreuses institutions ont vu le jour ou se sont développées au cours de ces vingt dernières années grâce à ces subventions. Les compétences professionnelles se sont développées. Aujourdhui, cet outil qualifié, performant, dont lutilité est reconnue par tout le secteur médico-social, est remis en question en raison de la modification de la pratique de lAssurance-Invalidité, notamment dans sa manière de considérer lexistence dune invalidité ou dune invalidité imminente pour les toxicodépendants. Nous pouvons comprendre la nécessité de revoir la question du financement des traitements. Nous ne pouvons par contre absolument pas accepter la manière dont cette modification de pratique intervient, et ce, pour plusieurs raisons. Il faut noter quactuellement le secteur résidentiel est particulièrement touché. Mais la menace pour le secteur ambulatoire est très claire et les mesures de lOFAS risquent de les toucher de la même manière très prochainement. 1. Le retrait de lassurance-invalidité se fait de manière rétroactive, puisque certaines institutions ne connaissent toujours pas le montant de la subvention à laquelle elles auront droit sur lexercice 1997. 2. Des demandes de proposition de remboursement davances perçues en trop (selon lOFAS) sont faites à la plupart des institutions, alors que ces dernières ont déjà de la peine à faire face à la diminution des avances perçues cette année. De nombreuses institutions sont en effet confrontées à une diminution des avances de lordre de 80%. 3. Létablissement dattestations médicales pour confirmer lexistence dune atteinte à la santé et dune incapacité de travail de longue durée, provoque une surcharge administrative. Il rend également nos institutions dépendant davis médicaux, que nous ne sommes pas à même de contrôler. Il est dailleurs important de relever que lavenir financier des institutions dépend de la sphère médicale, alors que lOFAS sest toujours opposé à toute médicalisation de nos accompagnements- 4. Lexamen, pas toujours très sérieux, des certificats médicaux par le service médical de l'Assurance Invalidité, semble plus sanctionner les compétences dun médecin à poser les bons diagnostics, plutôt quà déterminer létat de santé et les besoins de traitement de nos résidents. 5. Le taux d'acceptation de ces certificats est extrêmement variable, puisquil va de 0 certificats acceptés pour des institutions telles que le Radeau, à Orsonnens, et les Rives du Rhône, à Sion, à 89% pour lAuvent, à Peseux. A notre connaissance, la majorité des institutions pour toxicomanes ont un taux dacceptation inférieur à 50%. Ce taux correspond au taux retenu par lOFAS pour subventionner nos institutions. 6. Suite à lexpression de nos inquiétudes et à diverses démarches au niveau politique et administratif, lOFAS a versé une avance complémentaire dans l'urgence le mois passé. Quelle ne fut pas notre surprise de constater que cette avance était déjà une avance sur l'exercice 1999, à justifier en l'an 2000. De ce fait, nous ne faisons que renvoyer le problème de quelques mois, sachant que la plupart des institutions auront déjà dépensé en été 1999, l'intégralité des avances qu'elles pouvaient attendre de lOFAS au début de l'année 2000. Nous pouvons également nous poser la question de savoir pour quelle raison ces avances ont souvent été supérieures aux avances touchées en début dannée sur lexercice 1998. Nouveau modèle de financement Nous ne savons pas encore quand le nouveau modèle de financement pourra entrer en vigueur. Actuellement encore en phase délaboration, il devra obtenir laccord des divers partenaires (autorités politiques fédérale et cantonales, assurances sociales notamment), avant dentrer en vigueur. La procédure risque de prendre encore beaucoup de temps. Nous ne savons pas comment la plupart de nos institutions membres feront pour subsister encore au moment où le nouveau modèle de financement sera entré en vigueur. Sans décision et action concrète du Conseil Fédéral et de ses services dans de brefs délais, sans le soutien des autorités cantonales, auxquelles plusieurs institutions ont déjà dû faire appel, nous craignons toujours plus que ce nouveau modèle de financement ne servira à plus rien, vu le démantèlement qui sera intervenu au préalable. Nous nous permettons donc de réitérer avec insistance notre demande d'un réel moratoire face aux décisions de l'Assurance Invalidité autant longtemps que le nouveau modèle de financement ne sera pas entré en vigueur. Nous demandons également que tout soit mis en uvre pour que le secteur résidentiel orienté dans la réadaptation sociale et professionnelle des personnes alcooliques et toxicomanes puisse poursuivre son action dans un environnement plus serein. Le but final principal de la politique fédérale des 4 piliers, reste labstinence. Il est de la responsabilité des Autorités de ce pays den permettre la " survie ". Berne, le 8 juin 1999 Bertrand Nussbaumer |
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| Dossier de presse de la journée d'action du 8 juin 1999 | ||
| Présentation de la CRIAD | Point de
la situation en Suisse romande |
Point
de vue de Jean-Daniel Barman, LVT |
| Exemple de
situation: ARGOS Genève |
Justice
pénale Jean Pascal Rodieux |
Importance des thérapies résidentielles (étude ISF) |
13.6.99