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Plateforme romande
GENRE ET DEPENDANCES

 

 

ALCOOL

Les femmes et la consommation d'alcool

Ceux qui abordent le problème de la consommation d'alcool ou d'autres psychotropes chez les femmes se demandent d'abord s'il s'agit d'un problème nouveau et d'un problème spécifique. Ceux qui le contestent prétendent que l'on parle de l'alcoolisme des femmes ou de l'alcoolisme des jeunes pour ne pas parler de l'alcoolisme des hommes, sujet tabou dans notre société. D'autres prétendent que l'alcoolisme féminin est un problème inventé par les hommes, parce qu'ils ne supportent pas que les femmes prennent du plaisir comme eux.
Parmi celles et ceux qui ont tenté de comprendre et d'analyser ces modes de consommation, on trouve deux réponses apparemment contradictoires à cette question.
La première est que le problème de l'alcoolisme des femmes n'est ni nouveau ni spécifique, que les femmes boivent depuis que l'alcool existe, qu'elles le font par plaisir et de manière aussi " sociale " que les hommes. Dans cette optique, il y a plus de différences entre une femme qui boit et une femme qui ne boit pas qu'entre un homme et une femme qui boivent. Cette hypothèse vise la remise en cause d'un stéréotype selon lequel la consommation des femmes serait purement névrotique, non sociale et même clandestine, liée à une vulnérabilité spécifique.
La deuxième réponse, au contraire, affirme la spécificité des modèles féminins de consommation, en liant ceux-ci aux modes de vie des femmes, aux rôles sociaux qui leur sont dévolus, aux normes sociales. Dans ce sens la consommation ne serait pas un signe d'émancipation, l'indice d'un statut d'indépendance, mais plutôt la marque d'un conflit ou une recherche d'adaptation à travers l'imitation des modèles masculins.
On sait que la proportion de femmes ayant des problèmes d'alcool par rapport aux hommes reste stable, soit environ une femme pour trois hommes. On estime que les consommatrices de drogues illégales sont proportionnellement un peu plus nombreuses, soit une femme pour deux hommes. En revanche les femmes sont plus souvent que les hommes des consommatrices de médicaments psychotropes. Les jeunes filles fument autant, sinon plus que les garçons.

  • Femmes et l'alcoolisme: du manque à l'ivresse de ressources

Brini Michelle et Carnino-Ilutovich Claudia (pdf)

Résumé: cet article propose l'emploi du genre comme outil de lecture dans les situations de quatre femmes alcooliques en institution. Cette catégorie nous semple pertinente pour distinguer dans les ressources et les compétences des femmes, celles qui sont vecteurs de changement. L'émergence de ressourves nouvelles est-elle possible sans renoncer à certains comportements socialement valorisés?

  • Femmes de la Croix-Bleue

http://www.croix-bleue.ch/vaud/activites/femmes.asp
La Croix-Bleue vaudoise organise des groupes de parole -Espaces femmes- animés par des femmes pour des femmes, confrontées à des problèmes de dépendance en tant que consommatrices ou proches.

  • Rester malgré tout

Analyse des modalités de maintien de la relation entre une épouse et son conjoint alcoolique par Christine Verheirstraeten. Mémoire déposé en juin 1998 à la Chaire de Travail Social de l'Université de Fribourg, 200p.

Résumé
L'alcoolisme est un vaste sujet qui a particulièrement été analysé sous l'angle de la personne alcoolique elle-même et de son comportement face au produit. L'approche proposée dans ma recherche diffère quelque peu et se propose d'aborder la problématique de l'alcoolisme en se focalisant non pas sur la personne dépendante, mais sur l'individu qui subit le comportement alcoolique. Ainsi, et face à une population masculine reconnue comme étant alcoolique, mon étude se propose de cibler l'analyse sur les personnes vivant aux côtés de ces hommes, à savoir les épouses de conjoints alcooliques.
Partant de la population-cible des femmes vivant avec un conjoint alcoolique, l'interrogation principale qui sous-tend l'analyse est la suivante : pourquoi ces femmes ne mettent-elles pas fin à leur relation conjugale et comment justifient-elles le fait de rester auprès de leur partenaire malgré la dépendance qui affecte ce dernier ?
La recherche sur le terrain, qui a été effectuée sous forme d'entretiens approfondis semi-directifs auprès de dix femmes, a mis en évidence trois grandes lignes directrices constitutives du vécu propre aux épouses de conjoints alcooliques.
Tout d'abord, il ressort de l'analyse que ces épouses sont amenées à vivre un long processus de reconnaissance de l'alcoolisme qui affecte leur conjoint. En ce sens, les épouses ont tout d'abord tendance à fortement banaliser la consommation de boissons alcooliques, laquelle est considérée comme une habitude anodine tout à fait conforme aux usages courants. Cette phase de banalisation est ensuite suivie d'une forte réaction de la part de l'épouse qui se rend compte du caractère problématique et excessif de la consommation de boissons alcooliques. Au cours de cette deuxième étape, l'épouse tente alors par tous les moyens de mettre fin à la consommation d'alcool de son mari. Toutefois, et en raison de la dépendance au produit, les efforts consentis par l'épouse n'aboutissent pas à l'annulation de la consommation abusive de boissons alcooliques. Constatant son impuissance, l'épouse tente alors d'atténuer sa propre souffrance. Cette dernière étape est donc caractérisée par une attitude de résignation qui consiste non seulement à problématiser le comportement alcoolique, mais encore à l'accepter comme une réalité immuable à laquelle il faudra nécessairement s'adapter dans le but de rendre le quotidien supportable.

Parallèlement aux différentes phases que l'épouse traverse pour aboutir à l'acceptation du comportement alcoolique de son conjoint, l'épouse est amenée à vivre d'importantes transformations, tant au niveau identitaire que comportemental. En effet, et pour pouvoir s'adapter à l'alcoolisme du conjoint, l'épouse doit faire le deuil de son identité d'épouse " normale " pour en arriver à accepter celle " d'épouse d'un conjoint alcoolique ". Ces changements identitaires se concrétisent alors par la mise en place de divers comportements adaptatifs qui visent à assurer la survie de l'épouse au sein du système-alcool.
Toutefois, et malgré ces ajustements, l'épouse n'échappe pas à la souffrance quotidienne qu'elle est amenée à vivre en raison des comportements généralement violents de son époux. Ainsi, et pour limiter la souffrance endurée, l'épouse tente alors de compenser positivement les aspects négatifs de sa relation conjugale par l'obtention de bénéfices dits secondaires. Le deuxième axe de ma recherche vise ainsi à définir ces divers bénéfices (matériels, identitaires et symboliques) qui constituent autant d'avantages que l'épouse cherche à retirer de sa situation et qui peuvent être considérés comme le moteur principal du maintien de la relation de couple. En d'autres termes, l'épouse reste auprès de son mari car elle en retire des compensations positives qui semblent plus importantes aux yeux de l'épouse que les désagréments liés à une rupture (stigmatisation due au statut de femme divorcée, sentiment d'échec, angoisse face à l'inconnu que représente une vie sans la présence du conjoint).
Le maintien de la relation de couple en raison des bénéfices qui y sont liés comporte cependant un aspect particulièrement cynique, étant donné que l'épouse profite de ces " avantages " au détriment du bien-être de son partenaire. En ce sens, l'épouse se voit contrainte de justifier qu'elle est en droit de jouir de ces bénéfices, et ce en raison de la souffrance engendrée par les comportements de son époux (violence, insultes, etc.). La dernière partie de mon travail tente ainsi de mettre en évidence le système justificatif que l'épouse met en place pour rendre légitime le fait de retirer des avantages de la situation à laquelle elle est confrontée. A ce titre, l'analyse révèle que l'épouse opte pour une stratégie qui consiste à montrer sa souffrance de manière détournée en limitant son existence au sein de la sphère privée. Autrement dit, l'épouse montre qu'elle souffre en ne développant aucune relation sociale extérieure à son entourage proche. Cette stratégie a ainsi l'avantage de laisser planer le doute par rapport à ce que vit réellement l'épouse tout en mettant en évidence l'existence d'une situation a-typique.

Ainsi, et d'une manière générale, ma recherche tente de faire apparaître le comportement éminemment stratégique que l'épouse développe face à l'alcoolisme dont souffre son partenaire. Il s'agit en effet de montrer que ces femmes ne subissent pas passivement une situation, mais qu'elles y réagissent en développant des comportements cohérents permettant leur survie au sein d'une relation conjugale problématique. En ce sens, mon analyse aboutit à la conclusion que les épouses participent indirectement à la perduration du comportement alcoolique de leur conjoint, étant donné que les comportements adaptatifs mis en place sont développés de manière à ce que l'alcoolisme puisse perdurer dans les meilleures conditions possibles et sans mettre en péril l'équilibre fragile de la relation conjugale.
L'attitude active et stratégique des épouses a ainsi le mérite de montrer que la dépendance alcoolique n'est de loin pas une problématique individuelle, mais qu'elle nécessite au contraire une approche plus globale impliquant également les personnes vivant aux côtés des alcooliques. Cette perspective relationnelle plutôt qu'individuelle permet ainsi d'alimenter la réflexion sur les moyens de prises en charge qui peuvent être développés pour les personnes dépendantes à l'alcool tout en tenant compte également des phénomènes de co-dépendance qui semblent caractériser toute conduite addictive se développant au sein d'une relation de couple.

 

DROGUES

Les femmes et la consommation de drogues
  • Prostitution
  • L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publie deux rapports sur la consommation de drogues dans le milieu de la prostitution féminine www.ofdt.fr/BDD/publications/fr/prost_f.xhtml et masculine www.ofdt.fr/BDD/publications/fr/prost_m.xhtml

  • Etude « Besoins d'aide des femmes toxicodépendantes en Suisse romande »
  • Depuis plusieurs années, le groupe de travail Femmes-Dépendance se penche sur la question d'une approche spécifique pour les jeunes filles et les femmes, dans la prévention et le traitement. Grâce au soutien financier de l'Office fédéral de la santé publique, ce groupe a mené une enquête sur les besoins d'aide des femmes toxicodépendantes en Suisse romande. Cette étude, Points de vue sur les toxicodépendances des femmes en Suisse romande (1998), a pour but de favoriser l'offre de prestations spécifiques pour les femmes, mais aussi de sensibiliser les pouvoirs publics aux particularités de leur situation.

  • Le rapport « Points de vue sur les toxicodépendances des femmes en Suisse romande » peut être emprunté à la bibliothèque de l’ISPA.
  • Tél.021/321 29 35. Mail : librairie@sfa-ispa.ch

  • Femmes, dépendances, perspectives (1995)
  • C'est l’un des ouvrages-clé qui a servi de base de réflexion. Il s'agit d'un rapport élaboré par Marie-Louise Ernst, Isabelle Rottenmanner et Christine Spreyermann sur mandat de l'Office fédéral de la santé publique. Cet ouvrage dresse le bilan de la situation des femmes toxicodépendantes en Suisse et, entre autres, met en évidence les spécificités des consommations des femmes.

    Extraits
    "Il est indéniable que toute intervention professionnelle dans le domaine de la drogue, de la prévention à la thérapie, en passant par l'aide à la survie doit s'adresser à des groupes cibles si on la veut efficace. Or, les projets spécifiquement destinés aux femmes sont rares en Suisse, en dépit du fait qu'elles composent à elles seules un groupe cible qui englobe environ un tiers de la population concernée.
    La prise en charge et l'accompagnement des femmes qui consomment de la drogue se heurtent à de multiples résistances, comme en témoigne la difficulté avec laquelle de tels projets passent de leur phase de conception à leur réalisation pratique.
    (...)

    Si nous nous engageons clairement en faveur d'une prise en charge spécifique des femmes en matière de drogue, ce n'est pas parce que nous considérons les consommatrices de drogues comme des victimes qui ont particulièrement besoin d'être aidées. Nous prenons position de la sorte sur la base du constat que les valeurs et les normes sociales, la répartition du travail et des ressources matérielles qui déterminent la vie des hommes et des femmes sont structurées de manière spécifique pour l'un et l'autre sexe. Les tâches et les rôles respectifs sont définis différemment pour les hommes que pour les femmes. Dès le départ, garçons et filles évoluent dans des contextes différents et leur manière de penser et d'agir, leurs relations, leur participation aux acquis sociaux, culturels et économiques ainsi que leurs besoins et leurs désirs suivent par conséquent des voies distinctes. Partant, la prise en charge spécifique des hommes et des femmes qui consomment de la drogue implique une réflexion concernant les effets de leur condition sociale de départ sur l'ampleur, sur les motivations et la signification de leur consommation de drogue, sur les expériences en tant que consommateurs ou consommatrices et sur leur manière de gérer la drogue et de s'en dégager. Cela signifie qu'il faut prendre en considération les contextes spécifiques dans lesquels évoluent respectivement les hommes et les femmes ainsi que les ressources et les déficits propres à chaque sexe. En définitive, c'est vers quoi tendent les milieux spécialisés en matière de toxicomanie lorsqu'ils développent des approches spécifiques pour les divers groupes-cibles de toxicomanes."

OUTIL PEDAGOGIQUE, MALETTE GENRE

Un outil pédagogique initié par la Plate-forme romande femmes dépendances, pour faciliter la prise en charge sexo-spécifique des femmes toxicodépendantes.
La mallette genre se présente comme une "boîte à outils" dans laquelle le/la professionnel-le prélève les instruments qui répondent aux besoins et aux intérêts de l'usagère. Les fiches proposées peuvent être utilisées telles quelles ou adaptées.
La mallette genre poursuit cinq objectifs majeurs:
  • Faciliter l'accès au traitement
  • Mettre en place un espace de parole
  • Elaborer son histoire de vie
  • Evaluer et améliorer l'estime de soi
  • Préparer une visite médicale

L'utilisation de cet outil est simple. Chaque cahier guide l'intervenant-te dans une démarche et définit un processus. Il peut ¡tre utilisé en fonction des besoins des professionnels-les.
Cet outil est diffusé par l'ISPA, librairie@sfa-ispa.ch. Prix : 15.-fr.

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