Le DSB, instrument de coordination du dispositif "seuil bas" lausannois. L'offre à seuil bas destinée aux personnes toxicomanes est composée d'un éventail de prestations diversifiées (hébergement, distribution de repas, de matériel stérile, occupation de la journée, etc.) qui, selon la définition de l'offre à seuil bas de l'OFSP, a les caractéristiques suivantes: un accès simple, l'abstinence n'est pas exigée et l'offre doit être bon marché ou gratuite. Depuis plusieurs années, différentes structures proposant ce type d'offres se sont peu à peu développées de façon autonome dans l'agglomération lausannoise pour former aujourd'hui un réseau qui apparaît comme morcelé. Les pouvoirs publics, qui subventionnent tout ou partie de la plupart de ces structures, sont aujourd'hui confrontés à un système d'aide qui ne peut grandir de façon exponentielle pour des raisons financières. Dans cette perspective, la Direction de la Sécurité Sociale et de l'Environnement a mandaté fin 1998 Rel'ier pour mener une recherche afin de faire des propositions concrètes de coordination du dispositif seuil bas destiné aux personnes toxicomanes. La volonté politique exprimée consiste à maintenir et à renforcer les structures actuellement fonctionnelles, mais à limiter l'émergence de nouveaux partenaires. Cette recherche a compris plusieurs étapes dont des entretiens avec les 21 structures du dispositif seuil bas, l'analyse d'une fiche technique recensant les prestations proposées et trois séances de transmission des résultats et consultation des professionnel/les. Il est rapidement apparu que les structures sont très différentes de par leur taille (de une personne salariée à une équipe d'une dizaine de personnes salariées) et le type de prestations proposées. De plus, une des caractéristiques du dispositif lausannois est que, mis à part le Centre St Martin, centre de traitement des toxicodépendances, toutes les autres structures accueillent un pourcentage très variable de personnes toxicomanes. Il ressort fortement que la désinsertion sociale et professionnelle, ainsi que l'exclusion sont les problématiques les plus récurrentes et que la toxicomanie s'inscrit dans ce contexte plus large. Au terme d'une année de recherche, Rel'ier avec le soutien de la Ville de Lausanne a proposé aux professionnel/les un modèle de coordination. Présentation du Dispositif Seuil Bas (DSB) Les groupes de travail rassemblent une personne déléguée par structure.Objectif:
Exemple, la consommation
de cocaïne induit une augmentation de la demande en matériel
stérile: comment y répondre rapidement et de façon
concertée? Objectif:
Le DSB se réunit à raison de 4 à 6 fois par an. Ce modèle de coordination est original car il permet aux structures de conserver leur autonomie, tout en instaurant une coordination basée sur un système de délégation. En effet, dans le modèle proposé, la personne déléguée représente sa structure. Ce système de délégation a pour conséquence que les structures sont plus investies et impliquées dans les discussions. La mise en place de la coordination nécessitera plusieurs étapes préalables comme la nomination de personnes déléguées par les structures et la clarification interne des mandats et objectifs (prévu pour mai-juin 2000). La première réunion du DSB est prévue avant l'été, la coordination devrait être opérationnelle à la fin de l'année. Avant de donner la parole aux professionnelles, il faut insister sur le fait que le DSB ne peut exister sans lien avec d'autres secteurs de prise en charge (le traitement résidentiel, les services sociaux, le SPJ, le réseau cantonal, etc.). Ces champs seront explorés ultérieurement. Nous avons choisi
de présenter deux éclairages différents sur le
DSB. D'une part, le point de vue de Madame D. Roncero, assistante sociale
au Passage. D'autre part, le point de vue des responsables de deux ateliers
de créations artistiques, Madame L. McKenzie, animatrice de l'Atelier
de l'Eveil et Madame O. Henchoz, animatrice du Berceau Atemporel (Fondation
Mère Sofia). Ces deux structures partagent un même local
depuis septembre 1999. Rel'ier: Le
DSB repose sur un système de délégation, qu'en
pensez-vous? O. H.: La délégation et le fait que les délégués parlent au nom de leur structure, je pense que c'est nécessaire pour que les discussions avancent. On constate que c'est difficile d'être tous présents aux réunions, il y a souvent des absents. La personne déléguée devra assurer son rôle de délégué, cela augmentera ses chances d'être présente aux réunions. L. M.: De plus, je pense que la délégation est nécessaire pour avoir un groupe cohérent. Rel'ier: Au
niveau de l'organisation interne est-ce que le système de délégation
va induire des changements? Rel'ier: En
quoi le DSB peut-il représenter une ressource dans l'exercice
de vos activités? L. M.: Cela va permettre de créer des liens entre les institutions, de mettre en place des projets communs. Actuellement, chacun est un peu dans son histoire. O. H.: C'est une ressource car cela permet de se tenir informée des changements qui interviennent dans les structures. Cela permet donc de mieux aiguiller les usagers… car il y a parfois des informations qui datent. Si les usagers sentent que l'on n'est pas sûre des informations qu'on leur donne, ils ne vont peut-être pas y aller… D'autre part, il ne faut pas oublier que la diversité est importante, elle permet de voir d'autres choses, d'élargir les lieux d'accueil. Le DSB va aussi contribuer à renforcer les liens déjà existants avec certaines structures. Rel'ier: Selon
vous, quels sont les sujets les plus importants à discuter ensemble
dans le DSB? L. M. et O. H.: Pour nous, c'est le développement de la collaboration interinstitutionnelle qui est le sujet le plus important à travailler ensemble.
Pour commander la recherche, vous pouvez appeler Rel'ier au 323 60 58. Berne, 14 juinNouveau modèle de financement des thérapies résidentielles: de la théorie à la pratique" Org. CRIAD tél. 032 832 02 43. |