A propos de toxicomanie en région lausannoise
No 19 Août 2003

 

UnISET
Unité d'Intervention Socio-Educative de Terrain à Lausanne

Depuis près de dix ans, la situation à Saint-Laurent pose problème en terme de cohabitation; il s'agit d'une part, d'un quartier commerçant et d'un lieu de passage (40 000 personnes/jour) et d'autre part, d'un lieu de rencontre de personnes marginales.
Le côtoiement est difficile entre toutes ces populations, les incivilités des uns entraînant récriminations et plaintes des autres. La volonté politique n'est pas de disperser les personnes qui posent problèmes. La marge d'intervention est donc étroite et nécessite des propositions fines et adaptées pour maintenir une bonne qualité de vie à l'ensemble de la population. Plusieurs initiatives - entre dialogue et répression - ont été menées pour tenter de remédier à cette situation: un groupe de réflexion, organisé par la paroisse, avec pour objectif de favoriser le dialogue; des interventions régulières ou ponctuelles (écoute, orientation, animations) des intervenant-e-s du Dispositif Seuil Bas; une présence visible et régulière de la police de 1999 à 2002 (Opérations Parvis).
Depuis novembre 2002, l'UnISET (Unité d'Intervention Socio-Educative de Terrain) est présente dans le quartier. Sa mission, qui s'inspire du projet zurichois SIP1, associe lutte contre les incivilités (intervention lors de comportements inadéquats) et travail social (écoute, orientation, etc.). Elle propose une forme d'intervention sociale que l'on peut qualifier de gestion "par le social" de l'espace public. Ce phénomène est également perceptible dans le développement, ces cinq dernières années, de nombreux projets proposant du travail social de proximité, souvent initiés suite à une nouvelle visibilité des jeunes ou des personnes "qui font problèmes".
Que penser de cette visibilité, largement relayée par les médias: est-elle un reflet de notre sentiment d'insécurité ou un signe manifeste de dégradation? La question est ouverte et les avis divergent. Ce qui est sûr, c'est que la tendance actuelle consiste à tenter de contenir le visible, le symptôme par des interventions sociales, qui visent à terme, à gérer l'espace public.
Pour mieux comprendre ce nouveau type d'intervention, Zoom donne la parole aux intervenant-e-s de l'UnISET.

L'UnISET est une équipe de travailleurs/euses sociaux/ales de terrain qui dépend directement de la Direction de la sécurité sociale et de l'environnement de Lausanne. Les intervenant-e-s sont tenus à la confidentialité au même titre que les fonctionnaires de la ville. L'UnISET n'est pas habilitée à dénoncer - juridiquement - les auteurs d'infractions; elle n'est pas une structure de prise en charge, ni un service d'ordre.

L'équipe, qui intervient toujours en tandem, est composée de six professionnel-le-s du social et du sanitaire (une femme, cinq hommes), identifiables par un uniforme.

Missions

  • Encourager le dialogue et favoriser la tolérance réciproque
  • Assurer le calme dans les espaces publics
  • Prévenir les comportements inadéquats
  • Offrir une médiation
  • Informer et orienter les personnes dans le dispositif socio-sanitaire
  • Rassurer

Public

  • Les personnes qui fréquentent les marches de l'église de Saint-Laurent
  • Les commerçants et les habitants du quartier
  • Les passants

Horaires et lieu d'intervention

  • Du lundi au vendredi de 9h. à 21h. et le samedi de 10h. à 19h.
    Présence au centre ville de Lausanne, Saint-Laurent et alentours

Collaborations

  • DSB (Dispositif Seuil Bas de l'agglomération lausannoise)
  • Police municipale de Lausanne
  • Coordination cantonale en matière d'échange de matériel stérile aux personnes toxicodépendantes
  • Réseau médical, psychiatrique et social

"Le travail de l'UnISET est complexe. Gérer des tensions multiples, prévenir les bagarres, tenter de dialoguer avec des personnes sous l'emprise de produits stupéfiants… Ils en font toujours trop ou trop peu suivant les regards.
Riche de compétences diverses, l'équipe UnISET se donne les moyens, par le biais d'une supervision et d'autres cours spécifiques comme le self-défense par exemple de construire ses interventions pour trouver une certaine homogénéité. Il est important que les intervenants travaillent toujours par deux, à la fois pour des raisons liées à leur propre sécurité (intervention au début d'une bagarre) et pour garder une certaine distance face à des situations difficiles. Il est aussi nécessaire qu'ils aient un seuil de tolérance commun face à certaines situations d'incivilités. Les séances de travail avec la police contribuent également à délimiter l'action UnISET et celle de la police, et permettent de se mettre d'accord sur les procédures."
Mme G. Ziegler, adjointe administrative à la Ville de Lausanne pour les dossiers liés à la toxicomanie et responsable du projet UnISET.

Pour joindre l'UnISET:
079 615 21 21

Contact:
Direction de la sécurité sociale et de l'environnement, Pl. Chauderon 9, CP 16, 1000 Lausanne 9
021 315 72 15
E-mail: sse.sg@lausanne.ch

Papillons de présentation disponibles sur demande

1 Sicherheit, Intervention, Prävention. Il s'agit d'une unité mobile en uniforme dont la mission est le maintien de l'ordre et qui propose des interventions à caractère social dans les lieux publics.

Parole à…

Pascale (infirmière sage-femme)
Denis (intervenant en dépendances)
Nicolas (éducateur spécialisé)
Intervenant-e-s de l'UnISET

Rel'ier - Quels types d'interventions proposez-vous à Saint-Laurent?
Nos interventions sont modulées en fonction des situations que nous rencontrons. En cas de comportement inadéquat, nous rappelons à la personne qu'elle est sur une place publique et que certains comportements comme hurler, casser des bouteilles ou fumer des joints ne sont pas acceptables. Plus largement, nous sensibilisons les personnes qui fréquentent les marches de l'église au respect des lieux. Outre ces interventions, notre présence régulière et notre disponibilité nous permettent de discuter et d'écouter les personnes et, en cas de demande ou de besoin, de les orienter dans le réseau socio-sanitaire. Notre intervention sociale consiste également à transmettre des messages de prévention, par exemple autour des conduites
à risques liées à l'injection. Nous dispensons des soins très simples (désinfectant, pansements) et remettons des boîtes flash2, en dépannage, lorsque les autres structures sont fermées.
Certains commerçants et habitants, ainsi que des passants, nous abordent pour obtenir des informations, ou parler de leur insécurité ou colère face à la situation dans le quartier. Nous les écoutons et les rassurons; par exemple, il nous est arrivé d'accompagner des personnes mal à l'aise à l'idée de traverser le quartier, le soir. Lors de situations conflictuelles, nous intervenons en tant que médiateurs.

Rel'ier - Comment conciliez-vous les différents aspects de vos interventions?
La relation avec les habitués des marches et les liens qui se créent peu à peu sont nos principaux outils de travail. En cas de comportement inadéquat, nous intervenons pour le faire cesser, tout en étant attentifs à maintenir le lien avec la personne concernée.
L'intervention est délicate et entraîne parfois des réactions fortes. Dans ces circonstances et afin d'éviter les agressions, notre travail consiste à " calmer le jeu " pour pouvoir reprendre la discussion avec la personne dans de meilleures conditions. Cependant, si la situation devient ingérable (tension extrême) ou si des infractions graves sont commises (agressions physiques par exemple), un autre type d'intervention est nécessaire et nous appelons la police, mais ces situations de débordements sont rares.
Notre travail est complexe et demande souplesse et patience. Certains habitués des marches nous considèrent comme une alternative à la police. Pour d'autres, en fonction du moment et des circonstances, nous sommes soit des "balances", soit des "anges gardiens"!

Rel'ier - Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontés?
La consommation d'alcool, qui parfois se surajoute à d'autres consommations, peut engendrer des comportements inadéquats, surtout en fin de journée. Dans ces situations l'intervention est délicate, car la personne est peu accessible et il est difficile d'entrer en relation avec elle.
A Saint-Laurent, nous rencontrons aussi des personnes présentant des problèmes psychiques importants, situations impliquant d'autres types d'interventions.

Rel'ier - Après huit mois d'activités, quel bilan de votre intervention pouvez-vous tirer?
Concernant la situation à Saint-Laurent, nous pouvons dire qu'elle est stable: pas plus de violence, ni d'agressions, moins de visibilité des consommations. Nous sommes acceptés et reconnus par la plupart des habitués des marches et nous avons établi avec nombre d'entre eux des liens de confiance. Les commerçants, les habitants et les passants nous identifient et nous sollicitent régulièrement.
Au fil des mois, nous nous sommes créés une identité professionnelle; nous nous sommes familiarisés avec le réseau socio- sanitaire existant et nous y sommes intégrés. Notre connaissance du terrain nous a permis d'affiner nos interventions et de penser au développement de nouvelles stratégies et collaborations; par exemple, avec le service de la voirie autour de la question de la récupération du matériel d'injection usagé.

2 Boîte contenant du matériel d'injection stérile et des préservatifs.

Agenda

ARIA

‹ 8 septembre
Etablir, gérer et maintenir une collaboration avec le patient dans la relation d'aide ou de soins
Intervenant: M. Ch. Cungi.
(suite de la formation les 29.09, 27.10, 17.11 et 1.12). Rens. 024 426 34 34

‹ Dès le 12 novembre
Cycle de formation pour les assistantes médicales et secrétaires qui s'articule autour de huit thématiques comme: l'accueil, la gestion du stress, l'affirmation de soi, la négociation, la résolution de problèmes, etc.
Rens. 024 426 34 34

Le nouveau programme de perfectionnement professionnel ARIA est disponible au secrétariat du Great au 024 426 34 34, ou sur le site www.infoset.ch/inst/great/aria/

FORDD

‹ 4 septembre
La cocaïne dans tous ses états
Différents intervenants: Mme M. Croquette Krokar, M. O. Gueniat, M. J. Besson, etc. Rens. 024 426 34 34

Le nouveau programme des cours du Certificat interprofessionnel en addictions de la Fédération romande des organismes de formation dans le domaine des dépendances est disponible au 024 426 34 34 ou sur le site www.infoset.ch/inst/fordd/

Info-réseau

< Consultation d'alcoologie ambulatoire de la Policlinique Médicale Universitaire (Centre de Traitement en Alcoologie)
Ouverte aux patients et à leurs proches; propose une évaluation globale de la consommation d'alcool et de ses répercussions somatiques, socio-professionnelles et psychologiques; prises en charges thérapeutiques. Rens. 021 314 66 66

< Le GREAT a engagé un nouveau secrétaire général, Monsieur Nicolas Pythoud, qui entre en fonction dès août 2003.

< Deux nouvelles brochures publiées par l'ISPA (disponibles à la librairie de l'ISPA au 021 321 29 35 ou www.sfa-ispa.ch:

  • Evolution de la consommation de substances psychotropes chez les écolières et écoliers en Suisse, 2002: Quelques résultats d'une enquête réalisée sous l'égide de l'OMS, avec le soutien de l'OFSP.
  • S'informer sur le cannabis: Questions et réponses autour de la consommation de cannabis. Brochure qui contribue à mieux estimer les risques et les dangers de la consommation de cannabis.

Zoom sur le Net

  • Pour vous tenir au courant des nouveautés et des projets dans le champ des dépendances, abonnez-vous à la lettre électronique d'infoset:
    www.infoset.ch
  • Répertoire régionalisé des organismes offrant des prestations liées au VIH/sida:
    www.sida-info.ch
  • Nouveau site du centre ambulatoire seuil bas Entrée de Secours qui propose des prestations sociales et médicales aux personnes toxicomanes et un soutien à leurs proches. Région Morges et ouest vaudois.
    www.entree-de-secours.ch
  • Répertoire vaudois: L'aide aux toxicomanes a été entièrement réactualisé. Disponible à Rel'ier en version papier.
    (021 323 60 58) ou sur le site www.infoset.ch/inst/relier

Merci à toutes les personnes qui ont donné leur avis sur Zoom!

Il ressort de vos réponses que la plupart d'entre vous lisez Zoom pour être informé-e-s des nouveautés dans le domaine des toxicodépendances; le traitement de l'information vous convient, ainsi que le graphisme et le format. Nous tiendrons compte de vos propositions de thèmes pour les prochains numéros. Merci de vos encouragements!

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