A propos de toxicomanie en région lausannoise
No 20 Mai 2004

 

www.ciao.ch
Site d'info pour les ados

Créé en 1997 sur l'impulsion d'organismes actifs dans le domaine de la prévention, le site Internet CIAO propose, d'une part des informations ciblées, et d'autre part, répond de façon individualisée aux questions des jeunes romands (13-18 ans) dans différents domaines. Les thèmes concernés sont la sexualité, la formation, les relations, la santé, les croyances, la violence et les drogues. Le délai de réponse est généralement de trois jours ouvrables. La complémentarité de cette démarche, ainsi que le regroupement des compétences de plus de
40 professionnel-le-s de domaines spécialisés sur un seul site, permet une approche cohérente et efficace des préoccupations des jeunes. CIAO informe, conseille et si besoin est, oriente les jeunes vers les services adéquats, mais n'offre pas un suivi thérapeutique. Ce site répond à un besoin, comme le démontre son succès grandissant auprès des jeunes. En 2003, plus de 2 400 000 pages d'information ont été consultées (40% de plus qu'en 2002) et près de 12 000 questions ont été posées (25% de plus qu'en 2002).
Dans le champ des addictions, CIAO occupe, dans les domaines des préventions primaire et secondaire, une place centrale dans le dispositif vaudois et romand. C'est en effet le seul projet destiné exclusivement aux jeunes qui leur permet de s'adresser directement et de façon anonyme à des professionnel-le-s de la prévention. Sur CIAO, c'est le jeune qui fait la démarche pour s'informer et partager ses inquiétudes. Pour les répondant-e-s, CIAO constitue une précieuse source d'informations. En effet, par le biais des questions, il est possible de connaître les substances consommées, les risques pris, les préoccupations et les réalités de vie des adolescent-e-s. Ces éléments se révèlent très utiles pour cibler la prévention dans d'autres cadres, dans les écoles notamment.

Actuellement, l'Association CIAO est confrontée à de sérieuses difficultés financières qui menacent la poursuite du projet. L'augmentation importante du volume des questions nécessite l'apport de moyens financiers supplémentaires. Les difficultés financières actuelles peuvent amener l'Association à réduire ses prestations, notamment les rubriques questions-réponses. Pour tout renseignement supplémentaire ou pour manifester votre soutien à ce projet, nous vous encourageons à consulter le site : www.soutien.ciao.ch

Ce numéro de Zoom donne la parole à une collaboratrice de l'ISPA, répondante CIAO pour les questions drogues.

Parole à…

Mme Marie-Claude Amacker, une des répondantes des questions drogues de CIAO, chargée de projets de prévention à l'ISPA.

Rel'ier - Comment expliquez-vous le succès de CIAO ?

Dans les retours que nous avons des jeunes, l'anonymat est mentionné comme très important. Les jeunes nous félicitent et disent qu'ils n'oseraient pas poser ces questions ailleurs. L'anonymat permet une honnêteté dans les questions, rarement possible dans un contact direct. Sur CIAO, il n'y a pas d'exigence, ni de jugement, le jeune est libre de poser des questions ou de consulter le site. Je pense que ce qui fait surtout notre succès, c'est que nous n'avons pas de réponses stéréotypées : il y a toujours un mot personnalisé, même si on renvoie le jeune sur une réponse déjà donnée. Cette personnalisation est appréciée, le jeune est pris au sérieux et considéré comme un interlocuteur unique. Pour beaucoup de jeunes, CIAO a un rôle de confident.

Rel'ier - Quels types de questions apparaissent dans la rubrique questions-réponses ?

Cette rubrique est très utilisée, les questions portent en majorité sur le cannabis. Actuellement, les jeunes ont un bon niveau de connaissance. Au début de CIAO, les questions portaient principalement sur les substances et leurs effets. Pour répondre à ces interrogations, un travail de réécriture des réponses (issues des questions des jeunes) a permis de présenter les informations sur les substances de façon simple et claire. Cette démarche a eu pour conséquence l'augmentation de la fréquentation des pages d'information et la diminution des questions de base.
Dès lors, d'autres types de questions et de préoccupations ont émergé. Nous avons constaté un déplacement massif vers la prévention secondaire : les jeunes cherchent à gérer les risques liés à la consommation. Les questions sont aujourd'hui plus de type :"J'ai consommé tel produit et il s'est passé ceci, que faire ?";"Est-il moins dangereux de prendre du cannabis avec une pipe à eau que de le fumer ?".
Ces questions révèlent des préoccupations fortes ; les jeunes prennent des risques, mais cherchent à en prendre le moins possible. Cette évolution correspond aux données que nous connaissons aujourd'hui concernant l'augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes. Nous constatons également une augmentation des demandes d'aide, que cela soit pour le jeune lui-même ou pour un proche, un ami.

Rel'ier - Quelles difficultés rencontrez-vous lorsque vous répondez aux questions des jeunes?

Une des difficultés est que, sauf demande particulière du jeune, les réponses sont lisibles par tous les jeunes qui fréquentent le site. Dans ces conditions, il faut veiller à ne pas être naïf, ni ambigu dans les réponses pour surtout ne pas donner envie de consommer : pas de complaisance, pas de morale, pas de co-dépendance, mais une confrontation au principe de réalité. Nous cherchons à responsabiliser les jeunes. Lorsqu'un jeune écrit : "J'ai envie d'essayer ceci, qu'en pensez-vous ?". Je ne peux pas dire que ce n'est rien ! Je lui expose les risques ; je le rends attentif au fait que la responsabilité de consommer lui appartient et qu'il devra en assumer les conséquences. Les adolescents ont besoin d'être responsabilisés et consolidés comme adultes en devenir. Il s'agit de répondre de façon constructive et positive. C'est terriblement complexe et passionnant !
Nous disposons de peu d'informations sur les jeunes qui nous posent des questions (pseudo), la seule information fiable est la date et l'heure de la question. Nous devons composer avec
cette situation et intervenir avec délicatesse. Il y a des questions très fortes, certains jeunes racontent leur histoire personnelle. Parfois le jeune entre dans un début de relation, mais il est clair que nous n'avons aucun objectif thérapeutique. Cette relation a pour objectif de faire le point sur la situation et de chercher des ressources autour du jeune (parents, médiateurs, médecin). En prenant le jeune au sérieux, en lui disant qu'il a raison de poser ces questions, nous lui donnons un petit coup de pouce pour prendre contact avec le service compétent.
Nous l'orientons dans le réseau et l'informons sur les prestations proposées, par exemple sur les coûts - car les jeunes ont peu de moyens - et sur les règles de confidentialité en vigueur dans le service.
Certains jeunes donnent un retour de leur situation, quelques semaines, quelques mois, voire quelques années plus tard. Nous recevons des message de reconnaissance, de remerciements.

Rel'ier - D'autres offres vont-elles être développées ?

CIAO est très dynamique, que cela soit dans les rubriques existantes ou dans la création de nouvelles rubriques. Dans le domaine des drogues, nous venons de mettre en ligne des quizz sur le cannabis qui, tout en testant les connaissances sur le produit, proposent des messages de prévention ciblés. Trois versions différentes sont proposées, la première s'adresse aux jeunes qui n'ont jamais consommé, la seconde aux jeunes qui ont une consommation occasionnelle, la troisième aux jeunes ayant une consommation problématique.

Rel'ier - CIAO étant confronté à des difficultés financières, comment envisagez-vous l'avenir du site ?

Si des moyens supplémentaires ne sont pas trouvés, une option envisagée est de fermer la rubrique questions-réponses et de laisser les informations en libre accès. C'est triste à dire, mais CIAO est victime de son succès : les questions sont en augmentation et les pages d'information sont de plus en plus visitées. Le site marche parce que les jeunes en parlent entre eux et que les professionnels en parlent aux jeunes. Les statistiques du site montrent qu'en moyenne chaque question-réponse du chapitre drogues est lue 45 fois. Si l'on considère que le prix moyen d'une réponse est de Frs. 25.-, cela ne revient pas très cher.

Institutions répondant aux questions CIAO

Sexualité Fond. Profa (Vaud) et SSJ ( Genève)
Formation et travail Jet service (CSP-Vaud)
Santé UMSA (Vaud) et CSJ (Genève)
Drogues ISPA
Violences TELME et SSJ (Genève)
Relation à soi et aux autres TELME et SSJ (Genève)
J'Ycrois - moi non plus Assoc. J'Y crois, moi non plus
Droits et devoirs JCJ (Genève)
Propose des infos, pas de module questions-réponses

Pour plus d'informations sur l'organisation, le fonctionnement et le financement de l'Association romande CIAO ou pour soutenir cette Association : www.soutien.ciao.ch

"J'ai un gros problème avec la consommation de joints : j'arrive plus à m'arrêter, j'ai vraiment besoin d'aide. Mes notes sont au plus bas, j'ai des copains foireux, comme dirait ma mère, mais j'ai besoin d'eux. Je dois choisir mon avenir, mais je suis nul à l'école, je ne sais pas ce que je veux faire, je ne trouve rien. Je n'ai pas le courage de me lever le matin et je ne veux plus aller en cours. Ma mère me saoule avec ses questions, même si elle a raison. Mon avenir, je n'arrive pas à le voir et j'ai des fois envie de me foutre en l'air. Ca sert à rien de vivre si c'est pour vivre comme ça…".
Jeune homme, 16 ans

"(…) Je ne sais plus où j'en suis, je commence à fumer de plus en plus de cannabis. Je sors, je bois, je ne fais plus que ça. A peine on me donne des sous c'est pour la beu, les clopes et le week-end, c'est pour boire. Il n'y a pas un week-end où je ne suis pas bourrée et défoncée (…). Je ne sais pas où je peux aller pour qu'on m'aide à arrêter tout. Je ne sais plus où j'en suis (…)".
Jeune fille, 16 ans

"Ca va bientôt faire 5 mois que je bois assez régulièrement (1 fois toutes les 2 semaines), mais pas que 2 petits verres. Je compte même plus ! Presque au point de ne plus me rappeler ce qui s'est passé le soir d'avant (mais c'est bon, je suis toujours entourée de copines). En période de fête c'est pire… (…) J'aimerai savoir si c'est grave ? Comment me calmer ? Parce que je commence à y prendre goût. Merci de votre réponse".
Jeune fille, 15 ans

"(…) Mon problème c'est que je fume des joints et, une fois, un pote m'a fait fumer de la
cocaïne et depuis j'en prends assez régulièrement. Le truc c'est que je n'arrive plus à arrêter et ça me fait vraiment peur. Je n'arrive même pas à en parler avec mes amis car j'ai honte de ce que je fais… Je sais que vous n'allez peut-être pas m'aider, mais il fallait que je le dise à quelqu'un. Encore merci".
Jeune fille, 17 ans

Info réseau

Matériel de prévention

  • Tabac-Pour en parler aux ados. Ce que les parents devraient savoir, ISPA, brochure à commander au 021 321 29 35, gratuit.
  • Pas facile après avoir bu ! L'alcool s'est invité dans le camp. Et maintenant ?
    Nouvelle brochure de la FVA pour les enseignants, moniteurs, professionnels de l'animation, à consulter sur www.fva.ch/consulter.
    Rens : 021 648 03 17, gratuit.
  • La consommation de substances à l'adolescence : problèmes associés, trajectoires individuelles et accès aux soins, brochure du SUPEA, Lausanne, février 2004.
    Rens : Unité de recherche du SUPEA, 021 314 74 92.
    www.infoset.ch/inst/supea/
  • Documentation de prévention, liens suisses et internationaux. Swissweb santé publique-prévention-promotion de la santé : www.prevention.ch

Matériel de prévention Cannabis

  • Infos Parents Cannabis - 0800 105 105. ISPA. Ligne gratuite à l'intention des parents qui s'interrogent sur la consommation de cannabis de leur enfant. Lu-ve heures de bureau.
  • Guide école et cannabis, Règles mesures et détection précoce. Guide à l'attention des enseignants et des établissements scolaires, OFSP/ISPA, à commander au 021 321 29 35, gratuit.
  • Sur www.sfa-ispa.ch, rubrique questions-réponses destinée aux adultes, ainsi que www.fredandco.ch, site interactif pour parler en famille du cannabis.

Formation

  • Le programme de perfectionnement professionnel Aria est disponible au secrétariat
    du Great au 022 426 34 34, à consulter sur www.infoset.ch/inst/great/aria/
  • Le programme des cours du certificat interprofessionnel en addictions de la Fordd (Fédération romande des organismes de formation dans le domaine des dépendances) est disponible au 024 426 34 34 ou sur www.infoset.ch/inst/fordd/
  • Vous trouverez le programme de formation 2004 de la Fondation des Oliviers sur www.oliviers.ch.
    Rens : 021 654 02 20.
  • La Croix-Bleue vaudoise propose une Formation d'accompagnement bénévole en alcoologie. Rens : 021 425 23 85.

Zoom sur le web

  • Mise à jour du site de la Plate-forme romande Femmes-Dépendances
    www.infoset.ch/inst/femdep/. Programme 2004, thèmes, liens.
  • Le site de la Fondation Mère Sofia a été actualisé. Pour mieux connaître les
    multiples activités de cette fondation : www.fondation.ch

Agenda

15 juin, Plate-forme romande Femmes-Dépendances. Présentations de l'enquête de prévalence de la violence aux urgences du CHUV et du protocole de dépistage de la violence chez l'adulte. Dresse Hofner, Mme Viens Python (IUMSP). Rens : Rel'ier 021 323 60 58. Programme 2004 de la Plate-forme Femmes-Dépendances : www.infoset.ch/inst/femdep/

Consultez le nouveau chapitre Cannabis du Répertoire pour un Réseau vaudois, l'aide aux
toxicomanes, http://relier.concepto.ch/contenu.cfm. Version papier gratuite à Rel'ier : 021 323 60 58.

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