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Drogues de synthèse : une prévention à renforcer ! A la mi-juillet 2006,
les structures de prévention et de réduction des risques
genevoises ont dû renoncer à tester la qualité des
drogues de synthèse qui circulent durant la Lake Parade.
Au dernier moment, le procureur général Daniel Zappelli
s'y est en effet opposé. Il estimait que cela équivaudrait
à encourager la consommation de drogues illicites. Cette décision
met en évidence les questions éthiques qui se posent autour
de ce genre d'interventions. La police trouve par exemple ambigu de devoir
d'un côté surveiller le trafic de drogues et de l'autre côté
fermer les yeux sur ces tests. Cet aspect doit être pris en compte,
mais force est de constater que l'approche classique actuelle ne réussit
pas à endiguer l'augmentation de la consommation de substances
psychoactives. Dans les soirées branchées, de nombreux garçons
et filles consomment des molécules diverses pour oublier leur fatigue
et leur stress, ceci avec des risques non négligeables. Les milieux
de la prévention ont cherché des solutions complémentaires
à la prévention et à la répression. Consommation lors des soirées techno et festives Aujourd'hui, le tiers des 15 à 24 ans a expérimenté le cannabis au moins une fois dans sa vie. Cette proportion est deux fois plus élevée chez les jeunes qui fréquentent les soirées technos et autres raves. Parmi ceux-ci, certains jeunes qui entrent dans le monde du travail ont une consommation inquiétante. Les jeunes qui sortent tous les week-ends, sur une longue période et qui fréquentent les soirées techno sont les plus grands consommateurs de substances de synthèse. Plus d'un tiers des jeunes " ravers " consommateurs estime d'ailleurs que le plaisir des sorties est lié à la prise de drogue. En comparaison, les teenagers pris dans leur ensemble sont deux fois moins nombreux à tenir de tels propos. Plusieurs études européennes montrent ainsi un lien direct entre consommation de drogues et sorties - lieux fréquentés, fréquence et durée. Plus schématiquement, plus les jeunes s'éloignent de la scène techno et moins ils sortent, moins ils consomment. Des apprentis se mettent en danger Globalement, si les
études montrent que ces dix dernières années, la
proportion de jeunes qui consomment des drogues de synthèse, comme
l'ecstasy ou des amphétamines n'a pas augmenté de façon
significative, il n'en va pas de même chez les apprentis, en particulier
les garçons, qui sont proportionnellement plus nombreux à
consommer de telles substances. Environ un quart des apprentis hommes
de vingt ans déclare avoir expérimenté des stimulants
synthétiques et la proportion est presque identique s'agissant
de la cocaïne. Un lien étroit entre la consommation et l'apparition de problèmes Une récente étude montre un lien étroit entre la consommation de psychotropes chez les jeunes fréquentant des soirées festives et leurs problèmes relationnels ou de santé. Ils disent ainsi se montrer plus souvent agressifs ou avoir plus facilement des problèmes avec leur entourage. Ils parlent majoritairement de crise d'anxiété, d'états dépressifs, de déprime et surtout de problèmes de sommeil. À noter que plus les substances sont mélangées, plus les symptômes deviennent importants. Abstinents et consommateurs occasionnels fréquents Précision importante qui relativise ce constat : selon l'Institut universitaire de médecine sociale et préventive, " l'abstinence, en matière de consommation de drogue de synthèse et de cocaïne, concerne toujours une partie importante, sans doute majoritaire, des usagers des soirées techno " (1). De plus, l'usage occasionnel, représenté par les individus n'ayant pas consommé récemment ou affichant une consommation rare et irrégulière, reste le plus fréquent, du moins pour ce qui est des drogues de synthèse et de la cocaïne. (1) Usage de drogues de synthèse et de cocaïne en milieu festif - Etat des lieux dans le canton de Vaud - Sanda Samitca et al., Hospices/CHUV, Dpt. Universitaire de médecine et de santé communautaire, IUMSP, 2005.
Parole à… Alexandra Rubin, coordinatrice sociale de l'Association Prevtech qui mène des actions de prévention et de réduction des risques dans les soirées techno . Rel'ier - L'enquête montre que certains consommateurs prennent jusqu'à 5 voire 10 substances différentes. Comment en viennent-ils à mélanger autant de substances psychoactives? Ces consommateurs ont tendance à prendre un peu de tout, en fonction de ce qu'ils trouvent. Ils ne craignent pas les cocktails pour essayer un nouveau mélange, augmenter les sensations ou atténuer les effets de la descente. Au cours d'une même soirée, ils mélangent tabac, alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, GHB, amphétamines, LSD. Ces consommateurs sont de loin ceux qui disent avoir le plus de problèmes de santé et de relation. Rel'ier - Les consommateurs que vous côtoyez dans les soirées techno se rendent-ils compte qu'ils prennent des risques? Sur le moment, oui
et non. Ils sont dans l'euphorie. Ils ont surtout conscience des effets
néfastes, "du prix à payer ", lorsqu'ils tentent
d'arrêter de consommer. Rel'ier - Comment abordez-vous ces questions avec les jeunes? Nous sommes convaincus que les discussions que nous avons avec les jeunes à notre stand peuvent avoir des effets bénéfiques à long terme. Par exemple, ceux qui ont dépassé une consommation festive ont généralement de la peine à en prendre conscience. En parlant avec eux sans les juger, nous pouvons les aider peu à peu à faire le lien entre leurs problèmes d'insomnie ou leur mal-être et leur consommation abusive. Nous les aidons à avoir le déclic qui leur donne envie de ne plus fuir et de prendre les choses en main. Rel'ier - Prevtech aimerait pouvoir organiser des analyses chimiques des pilules dans les soirées techno. Qu'est-ce que cela apporterait? Dans le questionnaire, 72% des consommateurs disent qu'ils viendraient tester leurs pilules si c'était possible de le faire. On le voit bien à notre stand. Certains jeunes passent vers nous et repartent dès qu'ils savent que nous n'offrons pas cette possibilité. En proposant de tester les pilules, nous pourrions nouer une relation avec ces jeunes qui n'entrent pas en discussion avec nous actuellement et les sensibiliser à certains aspects problématiques. Rel'ier - Si quelqu'un venait faire contrôler sa pilule à votre stand et qu'il avait un malaise après l'avoir consommé, n'auriez-vous pas une part de responsabilité? De toute façon, le garçon ou la fille achète une pilule dans l'intention de la consommer. C'est évident. Maintenant, en proposant de l'analyser, nous nous sentons responsables de lui dire que sa consommation est risquée et qu'il a intérêt à s'abstenir. Nous l'incitons à ne pas consommer. Nous sommes à l'aise, parce que nous voulons accompagner ce test d'un message de prévention adéquat. Rel'ier - Quel message transmettez-vous en voulant faire de la prévention tout en proposant de tester les produits? Réfléchissez à votre consommation, informez-vous et essayez d'aller vers l'abstinence. Notre but n'est pas de dire : maîtrisez votre consommation. Nous sommes convaincus que ce n'est pas possible. Lorsqu'on consomme des substances, on ne peut jamais prévoir ce qui va se passer. C'est incontrôlable. Consommer, c'est toujours prendre un risque. Zoom sur le Net
Matériel de prévention Flyers d'information sur les substances (ecstasy, amphétamines et autres) et les risques, ISPA, www.sfa-ispa.ch ou à commander au 021 321 29 35 Papillons, info-conseils, forum, liens, argumentaire et documents à télécharger, Assoc. PREVTECH, www.prevtech.ch DRUGS Just Say Know - brochure sur les substances, risques, effets secondaires, safer use, www.know-drugs.ch Charte des clubs techno. S'adresse aux organisateurs d'événements technos. Buts : assurer sécurité et confort des clients, www.great-aria.ch/pdf/chartetechno.pdf Info réseau 4 novembre 2006 Agenda
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