| A propos de toxicomanie
en région lausannoise NOUVEAU DISPOSITIF LAUSANNOIS EN MATIERE DE TOXICOMANIE ET DE MARGINALITE Renforcer la réduction des risques Tout laisse à penser que la question de l'ouverture d'un espace de consommation à Lausanne va susciter un débat passionné. D'où vient cette prestation ? Elle s'inscrit dans la politique suisse en matière de drogues, plus précisément dans le pilier réduction des risques dont l'objectif est de réduire les dommages sanitaires et sociaux dus à la consommation de drogues. En d'autres termes, il s'agit de maintenir et de préserver l'état de santé et l'intégration sociale des personnes consommatrices. En Suisse, de tels lieux existent déjà depuis plus de vingt ans ; aujourd'hui, une dizaine d'espaces de consommation sont en fonction. A Lausanne, il existe d'autres offres qui s'inscrivent dans ce cadre, on peut mentionner la possibilité de manger gratuitement, ainsi que de dormir pour une somme modique. Ces mesures s'adressent à toute personne – toxicodépendante ou non – qui se trouve dans une situation de grande précarité. Ces offres font partie des mesures traditionnelles que propose une ville pour venir en aide aux plus démunis et ne sont, en principe, pas contestées. La question de l'espace de consommation est plus délicate, car elle s'adresse spécifiquement à des consommateurs de drogues. Et c'est là que le bât blesse, car soutenir l'ouverture d'un espace de consommation de drogues demande l'acceptation, dans notre société (comme dans toutes les autres) de l'existence de personnes qui consomment des drogues. Cela demande également d'accepter, dans l'immédiat, notre impuissance à « aider » et à « guérir », ainsi que notre colère devant cette souffrance visible. La répression ne peut, à elle seule, répondre à cette problématique. Alors que faire ? De nombreux professionnels soutiennent qu'il faut être avant tout réaliste pour préserver la santé des consommateurs et leurs liens avec le dispositif d'aide. Cette approche, qui repose sur le postulat que l'on ne peut contraindre une personne à entreprendre une sortie de la dépendance, implique qu'il faut accepter les toxicomanes et les aider lorsqu'ils le demandent. Dès lors, pourquoi leur refuser des conditions décentes de consommation? Notre position individuelle ou collective sur la question des dépendances ne doit pas être liée à notre position vis-à-vis des personnes toxicodépendantes. La question n'est pas tant d'être « pour ou contre les drogues » – sur cette question nous sommes tous d'accord – mais plutôt de nous interroger sur notre capacité à tolérer des toxicomanes dans notre société. Cette position est certes plus délicate et mérite d'être débattue, mais elle permet d'être contre la consommation de drogues sans pour autant être contre les toxicomanes. Pour ce numéro de Zoom, nous présenterons les points principaux du préavis. Dans un deuxième temps, nous donnerons la parole à Jean-Christophe Bourquin, conseiller municipal, directeur de la Sécurité sociale et de l'environnement de la ville de Lausanne. Dispositif lausannois en matière de toxicomanie et de marginalité
Ce préavis1 décrit la situation de la toxicomanie en
Suisse, dans le canton et à Lausanne.
Propositions dans le domaine de la santé et de la réduction des risques
Notes
Propositions dans le domaine des besoins élémentaires
Parole à… Entretien avec Jean-Christophe Bourquin, Conseiller Municipal, directeur de la Sécurité sociale et de l'environnement de la ville de Lausanne. Rel'ier – Pourquoi la Municipalité de Lausanne a-t-elle décidé de réorganiser le dispositif actuel? Deux choses ont motivé cette décision. Tout d'abord, la ville de Lausanne a reçu mandat du Conseil communal de revisiter l'ensemble de son dispositif social financé par subventions. Un important préavis « Politique sociale communale », adopté au mois de juin 2006 prévoit en effet que les subventions accordées par la ville soient examinées attentivement. Ceci afin de fixer des priorités, de déterminer clairement quelles prestations la Ville attend des institutions privées qu'elle subventionne et d'éviter ainsi des redondances entre prestations. Le but n'est pas de faire des économies, mais bien d'assurer au système une cohérence qu'il n'avait peut-être pas, étant le résultat d'une longue histoire. Par ailleurs, le Conseil communal a accepté une motion exigeant de la Municipalité l'ouverture d'un espace de consommation de stupéfiants (motion S. Peters). Il fallait donc répondre à cette exigence en proposant de compléter le dispositif existant. Celui-ci a fait par ailleurs l'objet d'une autre motion (motion G. Meystre), demandant à la Municipalité de rationaliser le dispositif, considéré comme parfois boiteux. Les propositions soumises par la Municipalité au Conseil communal de Lausanne répondent à ces deux exigences. Rel'ier – Un des objectifs du nouveau préavis est de réguler la situation de la Riponne (incivilités). Comment allez-vous vous y prendre? Le principe est assez simple. La Municipalité a décidé d'ouvrir un bistrot social. Celui-ci accueillera toute personne qui se présentera, en particulier les marginaux, aujourd'hui refusés par les établissements publics du centre-ville. Ceci aura un coût, qui est non négligeable. En contrepartie, on n'admettra plus les comportements incivils que l'on constate chaque jour à la Riponne. Que les choses soient claires. La Municipalité n'a pas le droit d'interdire à qui que ce soit de se rendre ou de s'asseoir tranquillement là où il veut. Par contre, les bagarres (entre humains ou entre chiens), les petits trafics, la possession de substances illicites, les agressions verbales ou autres envers les passants, l'utilisation des plates-bandes comme toilettes, etc., ne seront absolument plus tolérés. Cela signifie que la police sera présente, en effectifs renforcés, pour faire respecter l'ordre public sur la place de la Riponne. Elle le fera sans faiblir et systématiquement, tout en indiquant à ceux qu'elle contrôle que le bistrot social est là pour accueillir tout le monde. Le bistrot social lui-même sera appuyé par une association qui réunira tenancier et usagers. S'il sera un espace de moindre contrainte que les autres bistrots du centre-ville, on ne pourra pas y consommer de drogues, quelles qu'elles soient. On n'y admettra pas non plus n'importe quel comportement. La violence en sera en particulier exclue. Rel'ier – Si l'espace de consommation s'ouvre, quelles mesures seront-elles prises pour la sécurité des alentours? L'intérieur de l'espace de consommation et ses
environs immédiats seront surveillés par des agents de
sécurité. Ceux-ci, comme dans les boîtes de nuit,
veilleront à l'ordre et à la tranquillité
du voisinage. Ils seront en contact régulier avec la police municipale.
Celle-ci interviendra rapidement, à la demande, en cas de problèmes
graves. Il est évident que le trafic ne sera pas admis aux environs
de l'espace de consommation et que la police continuera à
pourchasser les dealers, où qu'ils trafiquent. Rel'ier – Dans le domaine de la prévention pour les jeunes en milieu nocturne, que propose le préavis? Il s'agit de soutenir l'association Prevtech. Elle est
active dans les milieux festifs de la nuit, où la consommation
de drogues dites « récréatives » est très
fréquente. Son action est une action préventive, visant
à dissuader, par une information ciblée sur les risques
encourus, la consommation. Cette association a vécu jusqu'ici
par ses propres moyens, pratiquement sans appui public. Il s'agit
de remédier à cette situation. Pour en savoir plus sur le préavis Sur le site de la Ville de Lausanne : des pages
spécifiques sont consacrées à ce sujet. Présentation
du préavis, rubrique questions-réponses, témoignages
www.lausanne.ch Infos réseau
Agenda n Venez découvrir les activités de l'Association du Relais et de l'EJMA au Forum de l'Hôtel de Ville à Lausanne, du 20 au 30 juin. n 5 septembre, Consommation des jeunes entre 11 et 16 ans, Forum Drogues et autres dépendances, organisé par la Ligue valaisanne contre les toxicomanies (LVT) rens. (www.lvt.ch). n 6-7 septembre, Substitution pour héroïnomanes –
Voie sans issue ou porte de sortie ?, Nasuko (Conférence nationale
sur la substitution), rens. et inscr., www.nasuko2007.ch/fr/
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