La consommation de substances à l'adolescence :
problèmes associés, trajectoires individuelles et accès aux soins

Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA)

Communiqué de presse du 18 février 2004
 

La consommation de tabac, d'alcool et de cannabis chez les jeunes est une préoccupation majeure des parents, ainsi que du milieu scolaire, éducatif et médical. Le Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à Lausanne a mené une étude en Suisse romande sur 102 adolescents consommateurs réguliers de substances, âgés entre 14 et 19 ans, suivis sur une période de trois ans. Cette recherche montre qu'une forte consommation de substances est associée à des problèmes psychologiques, sociaux ou familiaux. Ainsi, la consommation peut servir d'indicateur d'une situation problématique qui requiert un soutien précoce et global.

Une recherche financée par l'Office fédéral de la santé publique a été menée par l'Unité de recherche du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent afin d'évaluer le parcours de 102 adolescents consommateurs de substances, âgés entre 14 et 19 ans. Les principaux résultats, qui portent sur la consommation, son évolution et l'accès des jeunes consommateurs aux structures d'aide disponibles, sont publiés dans une brochure. Ces résultats concernent un groupe particulier de la population, à savoir les adolescents qui consomment régulièrement des substances psychoactives, principalement le cannabis, de façon abusive pour la plupart d'entre eux.

Principaux résultats :

  • Les substances dont les adolescents de l'étude font la plus forte consommation sont le tabac, le cannabis et l'alcool. Les modes de consommation diffèrent suivant les substances : deux tiers d'entre eux consomment du cannabis tous les jours alors que l'alcool est plutôt consommé en fin de semaine. Par ailleurs, plus de la moitié des jeunes qui fument des cigarettes quotidiennement en fument en grande quantité (entre 10 et 20 cigarettes par jour).
  • La consommation de substances n'est pas un comportement isolé. Elle s'inscrit dans un contexte particulier et s'accompagne généralement de problèmes dans d'autres domaines de la vie. Les adolescents dont la consommation reste modérée mentionnent moins de problèmes psychologiques, sociaux, familiaux et légaux que les autres adolescents. A l'inverse, ceux dont la consommation est importante ou s'aggrave ont plus de problèmes et leur situation tend à se dégrader dans tous les domaines.
  • Le déni concernant d'éventuels problèmes liés à la consommation de substances semble particulièrement important. La majorité des jeunes de l'étude disent ne pas avoir besoin d'aide et ne pas être gênés par leur consommation, alors que celle-ci est relativement élevée. Même si certains jeunes reconnaissent que leur consommation pose problème, ils ne sont pas forcément prêts à accepter une aide extérieure.
  • Si les adolescents attribuent une grande importance au fait de gérer eux-mêmes leur consommation, ils trouvent important de pouvoir obtenir un soutien en tant que personnes dans une approche globale qui ne les réduise pas seulement à leur consommation et qui les implique en tant que partenaires actifs dans la prise en charge proposée.
  • Les médecins et les travailleurs sociaux constituent les voies d'accès privilégiées au réseau de prise en charge. Cependant, le problème de consommation n'est souvent pas abordé dans le cadre de ces consultations ou contacts. Quant aux structures spécialisées pour des problèmes psychologiques ou de consommation, elles sont peu sollicitées par les adolescents qui consomment, alors qu'elles sont décrites comme les plus satisfaisantes du point de vue des adolescents qui y ont eu accès.

Ces constats soulignent l'importance du dépistage, de l'information, du soutien éducatif sur le terrain et du suivi psychologique qui doivent être organisés de manière coordonnée afin d'intervenir précocement avant que la consommation ne se chronicise et n'engendre des conséquences lourdes dans les autres aspects de la vie des adolescents. Certains programmes déjà en place ou sur le point de l'être vont dans ce sens : c'est le cas de « Supra-f », un programme de prévention développé par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), ou encore « DEPART », un programme vaudois visant la prévention et l'intervention précoce de la toxicomanie.

La consommation de substances à l'adolescence : problèmes associés, trajectoires individuelles et accès aux soins, Lausanne, février 2004, 12 p.
Cette brochure peut être commandée à l'adresse ci-dessous ou en utilisant le formulaire de commande.

Information :
Unité de recherche du SUPEA tél. 021 314 74 92
e-mail : Sandrine.Pihet@chuv.ch
 


Les conduites de dépendance des adolescents
Étude conduite en 1999
Adolescent Drug Abuse Diagnosis (ADAD)

20.5.2009

Zu Infoset Infoset Direct Vers Infoset