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La
consommation de tabac, d'alcool et de cannabis chez les jeunes est
une préoccupation majeure des parents, ainsi que du milieu
scolaire, éducatif et médical. Le Service universitaire
de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à Lausanne a
mené une étude en Suisse romande sur 102 adolescents
consommateurs réguliers de substances, âgés entre
14 et 19 ans, suivis sur une période de trois ans. Cette recherche
montre qu'une forte consommation de substances est associée
à des problèmes psychologiques, sociaux ou familiaux.
Ainsi, la consommation peut servir d'indicateur d'une situation problématique
qui requiert un soutien précoce et global.
Une recherche
financée par l'Office fédéral de la santé
publique a été menée par l'Unité de recherche
du Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent
afin d'évaluer le parcours de 102 adolescents consommateurs
de substances, âgés entre 14 et 19 ans. Les principaux
résultats, qui portent sur la consommation, son évolution
et l'accès des jeunes consommateurs aux structures d'aide disponibles,
sont publiés dans une brochure. Ces résultats concernent
un groupe particulier de la population, à savoir les adolescents
qui consomment régulièrement des substances psychoactives,
principalement le cannabis, de façon abusive pour la plupart
d'entre eux.
Principaux résultats
:
- Les substances
dont les adolescents de l'étude font la plus forte consommation
sont le tabac, le cannabis et l'alcool. Les modes de consommation
diffèrent suivant les substances : deux tiers d'entre eux
consomment du cannabis tous les jours alors que l'alcool est plutôt
consommé en fin de semaine. Par ailleurs, plus de la moitié
des jeunes qui fument des cigarettes quotidiennement en fument en
grande quantité (entre 10 et 20 cigarettes par jour).
- La consommation
de substances n'est pas un comportement isolé. Elle s'inscrit
dans un contexte particulier et s'accompagne généralement
de problèmes dans d'autres domaines de la vie. Les adolescents
dont la consommation reste modérée mentionnent moins
de problèmes psychologiques, sociaux, familiaux et légaux
que les autres adolescents. A l'inverse, ceux dont la consommation
est importante ou s'aggrave ont plus de problèmes et leur
situation tend à se dégrader dans tous les domaines.
- Le déni
concernant d'éventuels problèmes liés à
la consommation de substances semble particulièrement important.
La majorité des jeunes de l'étude disent ne pas avoir
besoin d'aide et ne pas être gênés par leur consommation,
alors que celle-ci est relativement élevée. Même
si certains jeunes reconnaissent que leur consommation pose problème,
ils ne sont pas forcément prêts à accepter une
aide extérieure.
- Si les adolescents
attribuent une grande importance au fait de gérer eux-mêmes
leur consommation, ils trouvent important de pouvoir obtenir un
soutien en tant que personnes dans une approche globale qui ne les
réduise pas seulement à leur consommation et qui les
implique en tant que partenaires actifs dans la prise en charge
proposée.
- Les médecins
et les travailleurs sociaux constituent les voies d'accès
privilégiées au réseau de prise en charge.
Cependant, le problème de consommation n'est souvent pas
abordé dans le cadre de ces consultations ou contacts. Quant
aux structures spécialisées pour des problèmes
psychologiques ou de consommation, elles sont peu sollicitées
par les adolescents qui consomment, alors qu'elles sont décrites
comme les plus satisfaisantes du point de vue des adolescents qui
y ont eu accès.
Ces constats soulignent
l'importance du dépistage, de l'information, du soutien éducatif
sur le terrain et du suivi psychologique qui doivent être organisés
de manière coordonnée afin d'intervenir précocement
avant que la consommation ne se chronicise et n'engendre des conséquences
lourdes dans les autres aspects de la vie des adolescents. Certains
programmes déjà en place ou sur le point de l'être
vont dans ce sens : c'est le cas de « Supra-f »,
un programme de prévention développé par l'Office
fédéral de la santé publique (OFSP), ou encore
« DEPART », un programme vaudois visant la prévention
et l'intervention précoce de la toxicomanie.
La consommation
de substances à l'adolescence : problèmes associés,
trajectoires individuelles et accès aux soins, Lausanne,
février 2004, 12 p.
Cette brochure peut être commandée à l'adresse
ci-dessous ou en utilisant le formulaire
de commande.
Information
:
Unité de recherche du SUPEA
tél. 021 314 74 92
e-mail : Sandrine.Pihet@chuv.ch
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